Placido Domingo est accusé de harcèlement sexuel par une vingtaine de femmes aux États-Unis, pour des faits remontant à la fin des années 80.

Les accusations contre Placido Domingo jugées crédibles à LA

LOS ANGELES — Les femmes qui accusaient le chanteur Placido Domingo de «comportement inapproprié» sont crédibles, selon une enquête commanditée par l’Opéra de Los Angeles sur son ancien directeur général, qui n’a toutefois trouvé aucune preuve qu’il ait abusé de son pouvoir. 

Placido Domingo, qui fut aussi directeur artistique puis général de l’Opéra national de Washington, est accusé de harcèlement sexuel par une vingtaine de femmes aux États-Unis, pour des faits remontant jusqu’aux années 1980 : attouchements, baisers forcés et remarques déplacées.

Certaines victimes présumées disent que le chanteur lyrique, surnommé «roi de l’opéra», aurait cherché à nuire à leur carrière en cas de refus.

Devant le scandale, et dans la foulée du mouvement #MoiAussi, l’Opéra de Los Angeles avait loué les services d’enquêteurs privés indépendants pour examiner les plaintes portées contre Placido Domingo. Ce dernier a renoncé l’automne dernier à son poste de directeur général de l’institution californienne qu’il occupait depuis 2003.

Les enquêteurs ont conclu que «le niveau de gêne exprimé par les femmes était variable», mais que tous les témoignages convergeaient, les plus sérieux faisant état de «traumatismes importants» même si certaines disaient ne pas avoir éprouvé de malaise.

Au total, les enquêteurs du cabinet juridique Gibson, Dunn & Crutcher ont entendu 44 personnes, dont dix victimes présumées, la direction de l’Opéra et Placido Domingo lui-même.

Les faits reprochés au chanteur, âgé aujourd’hui de 79 ans, sont compris entre 1986, date de sa nomination en tant que conseiller artistique, et son départ de l’institution en octobre 2019.

«Certaines personnes ont affirmé qu’elles avaient renoncé à signaler les comportements de M. Domingo en raison de son importance et de son influence», écrivent les enquêteurs dans leur résumé d’enquête publié mardi.

Les juristes affirment toutefois n’avoir trouvé aucune preuve que le chanteur «ait exercé une forme de chantage ou des représailles contre une femme en lui refusant une audition ou un engagement à l’Opéra de LA».