Alaclair Ensemble n’a pas ménagé ses efforts pour offrir des retrouvailles mémorables et son public le lui a bien rendu.

Le vendredi fou d’Alaclair Ensemble

CRITIQUE / On l’a déjà dit et on le redira certainement encore longtemps: ça brasse, un show d’Alaclair Ensemble. Sur scène comme dans le public. De retour à l’Impérial vendredi soir armés des titres du récent «Le sens des paroles», les gars n’étaient pas près de faire mentir leur réputation de bêtes de scène. Ils pourront désormais lui ajouter celle de redoutables encanteurs, alors qu’une vente aux enchères de l’un de leurs trophées Félix devrait rapporter 2000$ à la Fondation Gilles Kègle.

Menée par le rappeur Ogden Ridjanovic, alias Robert Nelson, ladite transaction s’est imposée comme la cerise sur le gâteau d’une décoiffante soirée. Pas de doute, Alaclair Ensemble a donné un tout nouveau sens au vendredi fou! 

Il a souvent été question de famille, alors que les membres du clan Alaclair avaient justement convié de leurs proches à assister au spectacle de la scène. Et la famille se trouvait aussi dans la salle, si on se fie à l’accueil qui a été réservé au groupe. Il faut dire qu’ils étaient attendus, les autoproclamés minces. Avant même qu’ils ne mettent les pieds sur scène, ça sautait ferme au parterre, où le public les réclamait à grands cris en scandant «Alaclair, Alaclair...» Une foule déjà gonflée à bloc, qui ne s’est pas essoufflée lors de cette rencontre en crescendo. Au moment d’entonner le désormais classique Ça que c’tait, en fin de parcours, ça ressemblait à du délire devant la scène de l’Impérial. 

Notons que Robert Nelson, Maybe Watson, Eman, Kenlo et Claude Bégin (solidement soutenus par le beatmaker Vlooper) sont passés maîtres dans l’art d’enflammer un public. Ils sont énergiques comme 12, rodés au quart de tour et juste assez décalés, voire théâtraux: on pense à cette apparition de Bégin dans une corbeille côté jardin en début de spectacle avant de rejoindre la scène en surfant sur la foule ou au monologue beaucoup trop intense livré plus tard par Robert Nelson. 

Bref, Alaclair Ensemble n’a pas ménagé ses efforts pour offrir des retrouvailles mémorables et son public le lui a bien rendu. Ç’a donné quelque chose qui ressemblait à une festive communion. 

«On vous demande souvent de faire du bruit dans des soirées comme celles-là. Faites donc du bruit pour vous autres! Rappelez-vous de ce moment-là quand vous êtes tous seuls et que vous avez besoin d’un petit pep!» a lancé Robert Nelson. Voilà qui résume bien la situation. Reste maintenant à voir si Gilles Kègle recevra bien son chèque…