Indie folk-rock, Pleasure de Feist

Le grand retour de Feist ****

CRITIQUE / Feist aime arriver là où on ne l'attend pas. Au lendemain de la soudaine - et étonnante, il faut bien le dire - semi-consécration commerciale qui a suivi son succès 1234 et l'album The Reminder, la Canadienne a livré le magnifique Metals, nettement moins grand public, qui en a déstabilisé plus d'un.
Six ans plus tard, elle refait surface en logeant encore plus à gauche. Si Metals montrait son côté arty, soigné dans ses moindres subtilités, Pleasure vient le faire éclater avec des orchestrations souvent épurées, des performances spontanées (l'album a été enregistré principalement live, en trois sessions et lieux différents) et une réalisation sans lustre, quasiment lo-fi.
Quasiment, parce que derrière les bruits de fond et le caractère immédiat des interprétations, où Feist verse dans l'introspection, Pleasure n'en est pas moins un album réfléchi et habilement ficelé, bénéficiant de la touche de Mocky et de Renaud Letang à la réalisation.
Tout part généralement du chant unique et de la guitare de Feist, or les pièces se déploient pour inclure choeurs, cuivres, orgue, formation complète, une apparition de Jarvis Cocker ou même une séquence métal de Mastodon!
Un superbe album, apprêté tour à tour de folk, de rock ou de blues, qui ne doit pas effrayer en raison de ses contours un peu rugueux: on y plonge pour y rester.