Une demande formulée à Patrimoine canadien pour une modernisation de l’Impérial, et qui a été accueillie positivement en décembre, a confirmé l’idée de retirer le théâtre de la grille de programmation.

Le Festival d’été de Québec quitte la basse-ville

Le Festival d’été de Québec (FEQ) centralisera ses activités en haute-ville en 2020. Une baisse d’achalandage observée l’année dernière à l’Impérial et des travaux de rénovation prévus en juillet dans le théâtre de la rue Saint-Joseph poussent l’organisation à quitter les lieux. Du coup, elle se retirera aussi des autres salles qu’elle investissait dans le quartier Saint-Roch.

Exit donc le District Saint-Joseph, L’Anti et Le D’Auteuil, tous voisins (ou presque) de l’Impérial — salle détenue par 3E et le FEQ —, qui ne figureront pas à la programmation du festival. En revanche, le FEQ renouera avec le parc de la Francophonie dont la scène avait été déménagée l’an dernier sur la voisine place George-V. Les deux sites n’en formeront qu’un, baptisé «Parc Grande Allée».

Selon la directrice générale du FEQ, Anne Hudon, la décision de quitter l’Impérial tient en partie au fait que les fins de soirées du festival ont été déménagées l’an dernier au Manège militaire. «Quand on a fait notre post-mortem, on a vraiment observé une diminution d’achalandage dans la salle, explique-t-elle. Ça nous a mis la puce à l’oreille. Certains soirs, on a même trouvé ça un peu tristounet pour notre salle. C’est une salle assez magique, on ne veut pas la faire mal paraître pendant le festival. On était vraiment en questionnement là-dessus.»

Une demande formulée à Patrimoine canadien pour une modernisation de l’Impérial et qui a été accueillie positivement en décembre dernier a confirmé l’idée de retirer le théâtre de la grille de programmation.

«La première partie [du financement] devait être dépensée avant le 31 mars, ajoute Mme Hudon. Ça nous a forcés à travailler très vite pour faire l’acquisition de leur portion. Notre contribution, on la met sur des travaux et ça nous adonnait vraiment bien de les faire cet été.»

Quant à la décision de délaisser aussi les autres salles de la basse-ville, elle allait de soi pour l’équipe. «La prémisse, c’était notre salle. Des gens se sont greffés à cette offre-là. C’était logique à ce moment-là. Là, ça l’était beaucoup moins. On a concentré nos efforts en haut», note la directrice générale, soucieuse de «créer un pôle» autour du nouveau site du Parc Grande Allée. 

Le nouveau site du Parc Grande Allée.

Sur le terrain fusionné du parc de la Francophonie et de la place George-V, des prestations auront lieu en alternance sur les deux scènes dès 18h en semaine et dès 15 heures les samedis et dimanches. La programmation sera montée de façon thématique et les festivaliers trouveront sur les lieux de quoi se sustenter et se rafraîchir.

«On a fait un test l’année dernière en commençant plus tôt une journée, avance Mme Hudon. Ça nous a vraiment donné une réponse claire : si on n’a pas de zones confort, de zones d’ombre, une offre alimentaire minimale et tout ça, ça ne fonctionnera pas en plein soleil à 30 oC.»

Le Festival d’été aura lieu du 9 au 19 juillet. La programmation sera dévoilée le 26 février.

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CONTINUER D'ANIMER LE QUARTIER

Quand il a rouvert L’Anti dans les locaux de la défunte AgitÉe, Karl-Emmanuel Picard n’a pas tardé à devenir partenaire du Festival d’été de Québec (FEQ). «On présentait principalement des groupes émergents de la ville de Québec, résume-t-il. Pour ces groupes, ça faisait toute la différence d’être dans la programmation du FEQ, même si c’était à L’Anti. Et il y en a beaucoup qui ont joué sur de plus grosses scènes par après.»

Par ses contacts dans l’industrie musicale, le promoteur a aussi été impliqué par la bande  dans l’événement. Il cite ce party qu’il a été appelé à organiser après le spectacle des Backstreet Boys, ce match de soccer impromptu qu’il a orchestré à la demande de musiciens des Foo Fighters ou cette fin de soirée mémorable avec le DJ de Slipknot, qui s’est produit gratuitement dans son bar de la rue Dorchester.

Maintenant que l’établissement dont il est copropriétaire ne figurera plus dans la programmation du FEQ, Karl-Emmanuel Picard se dit bien déterminé à garder les lieux animés en juillet. «Moi, j’ai vraiment envie de faire vivre la musique dans Saint-Roch», tranche-t-il. Une soirée punk est déjà programmée avec Réjean Laplanche, le groupe métal Anvil s’y produira à deux reprises et on peut s’attendre à voir une soirée drag-queen.

Nouveau lieu au Off

Une collaboration avec le festival Off est aussi dans les plans pour Karl-Emmanuel Picard, confirme Guillaume Sirois, le directeur général de l’événement qui offre une alternative au FEQ depuis plus de 15 ans.

À cause des rénovations au complexe Méduse, le Off verra lui aussi des changements dans ses lieux de diffusion. Pas question toutefois d’investir ceux délaissés par le FEQ. Guillaume Sirois évoque plutôt un «endroit non conventionnel» en basse-ville qui sera dévoilé ultérieurement.

«La première année où le FEQ déserte Saint-Roch, j’avais déjà une proposition assez attrayante et funky, assez singulière, avance-t-il. Je pense qu’il va y avoir un pouvoir d’attraction. Je vais essayer de travailler aussi avec les commerçants locaux. Mon intention n’est pas d’aller dans les bars et les salles de spectacles, par contre. Au Off, on aime bien gérer nous-mêmes nos sites. Mais on va essayer d’animer à notre façon le quartier.» Geneviève Bouchard