C’est la fin du voyage pour Tommy Thayer, Gene Simmons, Paul Stanley et Eric Singer.

Le dernier baiser de KISS

Finis les maquillages. Terminés les costumes tape-à-l’œil et les chaussures à plate-forme. KISS a annoncé la fin du voyage.

C’est le bout du chemin pour Gene Simmons (alias Le démon) et Paul Stanley (L’enfant étoile), les deux membres originaux du quatuor. 

C’est aussi la fin pour leurs plus tardifs complices, Tommy Thayer et Eric Singer, qui ont respectivement repris les «rôles» de L’homme de l’espace et de L’homme chat, en l’absence d’Ace Frehley et de Peter Criss.

L’épopée se termine par une vaste tournée fort judicieusement intitulée le End of the Road World Tour. 

Elle mettra fin à 46 années de riffs hard rock rehaussés de gamiques scéniques exubérantes — guitares qui fument, pyrotechnie, lasers qui fouettent, sang qui gicle — et ponctuées de questions autour du sens caché du nom du band, plusieurs grincheux ayant cru voir en KISS l’acronyme de «Knights in Satan’s Service» (Chevaliers au service de Satan)... ce qui a été vigoureusement démenti par le Démon lui-même.

Simmons sort une dernière fois sa langue serpentine pour saluer comme il aime le faire son cortège de fans — sa fameuse «KISS army». Cette semaine, c’est au tour de Québec et Ottawa de goûter au dernier KISS goodbye que la bande vient déposer le front du public. 

Mémorables adieux

«Pour ceux qui nous ont déjà vus en concert, ça va être l’ultime célébration. Pour les autres, ce sera leur dernière chance!» a clairement prévenu l’illustre quatuor, lorsqu’il a annoncé la tournée, en 2018. 

Que les troupes de la KISS army se le tiennent pour dit : ces adieux seront mémorables. «Le spectacle sera le plus époustouflant de tous. On s’en va de la même façon qu’on est arrivés : sans faire de concession, et sans rien qui puisse nous arrêter», a prévenu la gang, dans une déclaration commune.

On peut s’attendre à une surenchère de «classiques». Probablement les mêmes que ceux qui se retrouvent sur le plus récent album de KISS... un «best of» réunissant 20 de leurs plus grands succès, de leur tout premier hit, Rock And Roll All Nite à l’incontournable I Was Made For Lovin’ You en passant par Detroit Rock City et God Gave Rock ‘N’ Roll To You II, qui ouvrent et ferment, respectivement, la plupart des spectacles de cette présente tournée.

Celle-ci est logiquement dédiée aux fans : «Tout ce que nous avons construit et obtenu au cours des quatre dernières décennies n’aurait jamais pu se produire sans les millions de personnes dans le monde qui ont rempli les stades, les amphithéâtres et les clubs durant toutes ces années», avait rappelé KISS.

Et les adieux se déroulent plutôt bien, merci. À quelques rares exceptions près, les concerts de la présente tournée en sol nord-américain (pas loin de 40 dates, déjà) ont engrangé des revenus situés entre 1,1 et 1,6 million $. 

La troupe s’en ira en laissant un héritage d’une cinquantaine d’albums – 20 disques studio, 8 live et une tralée de compilations (au moins 22). Le nombre d’exemplaires vendus à travers le monde fluctue selon les sources, mais il avoisine les 100 millions d’exemplaires.

Les membres originaux de KISS ont été intronisés au Panthéon du rock and roll en 2014.

KISS sera au Centre Vidéotron ce mardi 2 avril.

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46 ANS DE SCÈNE

La parution de l’album KISSWORLD — un best of constitué de 20 chansons de KISS — le 25 janvier, marquait un double anniversaire. La date concordait pratiquement avec le lancement du End Of The Road World Tour qui a débuté le 31 janvier. Elle coïncidait aussi avec le tout premier concert de la bande, donné le 30 janvier 1973, dans un petit club new-yorkais, le Popcorn, devant trois personnes... À l’époque, le quatuor ne portait encore ni les costumes ni les maquillages devenus emblématiques.