À l'extérieur, l’artiste multidisciplinaire Julien Lebargy orchestrait une œuvre collective, à l’aide de lanternes et de chandelles, sur la patinoire et dans les marches du Palais Montcalm.

«Le chemin de noël»: lumineuse tradition

CRITIQUE / «Le chemin de Noël», présenté pour une troisième fois le 23 décembre au Palais Montcalm, est en voie de devenir une belle tradition à Québec. Le pèlerinage tout en chant et en poésie est un moment de recueillement précieux, magique et lumineux, offert par La Chapelle de Québec et Bernard Labadie.

Paradoxalement, dans la salle, on n’y voit rien. La pénombre confortable rend l’introspection plus propice, d’accord, mais par contre, impossible de suivre les pièces, de lire les paroles (souvent en anglais et en allemand) ou les refrains qu’il faut chanter. Ce serait si joli et utile de mettre quelques lumières dans l’assistance…

Une fois l’inutile (pendant la représentation du moins) livret rangé, on prenait plaisir à retrouver les éléments familiers : un prélude harpe (Valérie Milot) et orgue (Richard Paré), le petit mot de bienvenue de Bernard Labadie, l’entrée des choristes, lampions en main. Le voyage des voix qui se déplacent autour de nous est envoûtant. On se sent bercés, enveloppés, apaisés.

La première voix à retentir, seule, comme un appel, était celle de la soprano Sheila Dietrich, juché comme une apparition au balcon. Comme l’an dernier, l’espace en hauteur permettait aux solistes de briller et d’entrer discrètement. Le baryton Jean-François Lapointe y est apparu pour Venez, divin messie

Si la présence de M. Lapointe était plus sobre que celle d’Hélène Guilmette, l’an dernier, il s’est tout de même fort bien acquitté de sa tâche. Notamment pendant I wonder as I wander (de John Jabob Niles, arrangé par John Rutter) où sa voix a révélé une gamme plus étendue, et où le chant des femmes et celui des hommes ajoutaient de douces volutes autour d’elle. C’était l’un des très beaux moments musicaux du spectacle. 

C’était au tour du comédien Yves Jacques d’agir comme récitant pour livrer les courtes histoires de foi, d’amour, d’étoiles, voire de monstre, avec Hérode, pour évoquer le massacre des innocents.

La Chapelle est réellement un ensemble vocal exceptionnel, où les voix se fondent magnifiquement, mais où chacune a aussi un éclat magnétique qui lui est propre. Lorsque la voix de Sheila Dietrich se détachait du lot, on touchait au sublime. Pour Lully, Lulla, Lullay, d’une tristesse infinie, ses montées nous ont tiré des larmes. 

Après Jacques Leblanc et Marie-Thérèse Fortin, c’était au tour du comédien Yves Jacques d’agir comme récitant pour livrer les courtes histoires de foi, d’amour, d’étoiles, voire de monstre, avec Hérode, pour évoquer le massacre des innocents. La voix caressante, chuchotant même, par moments, il donnait l’impression de nous raconter des histoires avant d’aller dormir et de nous confier des secrets.

À l’extérieur, à la place D’Youville, les patineurs et promeneurs ont pu entendre des chanteurs du Chœur des Rhapsodes, du Chœur de l’Orchestre symphonique de Québec et du Chœur En Supplément’Air. L’artiste multidisciplinaire Julien Lebargy orchestrait une œuvre collective, à l’aide de lanternes et de chandelles, sur la patinoire et dans les marches du Palais Montcalm. Les astres lumineux dessinés sur la glace créaient une dernière image pleine de poésie, pour clore la soirée.

Le chemin de Noël, présenté le 23 décembre, était l’occasion de recueillir des dons pour la Coopérative de solidarité SABSA. Il est accessible pour écoute pendant toute la période des Fêtes à www.radio-Canada.ca/quebec