Le 10e festif!: après la rue, la rivière festive

BAIE-SAINT-PAUL — Voilà plusieurs années que la tradition de descendre la rivière du Gouffre sur les formes gonflables les plus loufoques s’est installée au Festif! Cette année, en installant une scène flottante, le festival pousse l’expérience plus loin et crée une pause rafraîchissante bienvenue.

En fin d’après-midi, le groupe Bleu Jeans Bleu a inauguré la nouvelle scène avec leur «disco, rock, et pop gourmande», en faisant résonner leurs paroles comiques et tendres. La phrase «C’est en speedo que je t’aime» n’aura jamais si bien résonné.

Devant eux, les festivaliers étaient installés par petits groupes dans des bouées flottantes et des kayaks (environ 75 de chaque), fixés à des ancrages au fond de la rivière. On pouvait aussi assister aux spectacles à partir du pont, des rives ou même de la rivière, avec son propre objet flottant. Le festival renouvellera l’expérience samedi, avec Jérôme 50.

Le Quai

Midi au quai

On peut presque se passer de la programmation et de son téléphone intelligent pour suivre instinctivement les mouvements de festivaliers dans la ville. Vendredi midi, ça marchait ou pédalait gaiement vers le quai, encore un peu engourdi par la soirée de la veille. Quelques habitués avaient eu la bonne idée de s’installer sur des paddle boards ou des matelas gonflables dans l’eau en contre-bas. C’était les mieux placés pour se laisser bercer en savourant la prose mélodique de Laurence-Anne et d’Ariane Moffat. Ceux qui sont restés dans le coin ont eu droit à une prestation-surprise de Guillaume Beauregard.

Bernard Adamus sur la rue Ménard

Deux autres prestations surprises ont marqué l’après-midi. Peu avant 15h30, une notification a annoncé que Bernard Adamus jouerait sur la rue Ménard et à 17h40, Kevin Parent est allé faire un tour de chant sur la rue Breton, dans «la cour à Kim». Deux lieux inusités, mais résidentiels, qui n’étaient pas idéaux pour accueillir des centaines de festivaliers en sueurs, même pour une courte durée. On n’y voyait pas grand-chose et ceux qui avait pris la rue Ménard du mauvais côté et se trouvaient dos aux haut-parleurs n’entendaient pas grand-chose non plus.

Gogol Bordello

Le groupe new-yorkais Gogol Bordello, qui offrait sa seule prestation canadienne de l’été au Festif! était le clou d’une soirée de punk hybride et déjanté. Détrempés par une averse sur le coup de 19h, les spectateurs célébraient le retour du soleil en dansant au son de The Brooks et Québec Redneck Bluegrass Project. Peu avant que Gogol Bordello n’entre sur scène, une centaine de billets supplémentaires ont été libérés pour leur prestation. Cinquante-quatre (très précisément) avaient déjà été libérés en matinée. Comme quoi, même quand c’est «complet», il y a encore de l’espoir.

Gogol Bordello

Justement, après quelques bains de foule à se faire sauter sur les pieds ou balancer des sacs à dos en pleine poire, on en vient à redouter les spectacles trop courus. Le Festif! nous redonne foi dans la bonne gestion des masses en s’assurant qu’il reste de l’espace pour circuler et respirer même alors qu’il pourrait (toujours) vendre plus de billets.

Fins de soirées variées

Passé 23h, les possibilités de spectacles et d’ambiances se multiplient. Les milliers de spectateurs qui sortent de la place Desjardins se divisent naturellement pour poursuivre la fête dans le sous-sol de l’église, écouter le spectacle au Garage du curé en mangeant des ailes de poulet ou aller chanter au Hangar 29 (jeudi soir c’était Safia Nolin, qui a offert un tour de chant décontracté avec des reprises de Gabrielle Destroismaisons, Céline et Lorie). Alexandra Stréliski a quant à elle livré une prestation magique, baignant dans les projections aux allures d’aurores boréales et de gravures lunaires.

Dans la nuit de vendredi, on essaie pour vous le concept de «Bar clandestin». On vous en reparle demain.

Safia Nolin au Hangar 29