Les fans de Johnny Hallyday se sont rués sur son nouvel album, vendredi, dans un commerce de Reims, en France.

L’album posthume de Johnny Hallyday met le feu aux ventes

PARIS — Des ventes hors normes pour le disque le plus attendu de l’année en France et des fans émus de réentendre une voix intacte: «Mon pays c’est l’amour», l’album posthume de Johnny Hallyday s’est vendu vendredi à 300000 exemplaires pour son premier jour de commercialisation.

Ce disque, dont la mise en place de 800000 exemplaires était exceptionnelle au regard du marché actuel, «n’aura pas été loin de battre le record de vente» dans l’histoire de la musique populaire française pour un premier jour d’exploitation, selon un spécialiste de la filière joint par l’AFP.

Ce chiffre — 300000 exemplaires physiques (CD, vinyles) sans prendre en compte le streaming , selon Warner —  est en tout cas un record dans la discographie de Johnny Hallyday et pour l’histoire récente du marché français.

En 1999, son album Sang pour sang s’était écoulé à 250000 exemplaires lors de son premier jour de vente, avant de devenir son plus gros succès au fil des ans avec plus de 2 millions de disques vendus. Depuis la mort de Johnny, le 5 décembre 2017 à 74 ans des suites d’un cancer, cet album réalisé par son fils David, a été un des plus achetés par ses fans, selon un vendeur d’une enseigne culturelle interrogé par l’AFP.

Mon pays c’est l’amour pourrait faire mieux et devenir le plus gros succès commercial de Johnny Hallyday, qui a déjà vendu plus de 110 millions d’albums en presque 60 ans de carrière. A fortiori à quelques semaines de Noël, période qui concentre 40% du chiffre d’affaires annuel de la musique enregistrée.

Au terme d’une opération marketing bien rodée, l’album est sorti à 0h01 vendredi, heure de Paris, dans certains magasins en plus d’être en ligne sur les plateformes de streaming. D’autres enseignes, qui habituellement ne vendent pas de produits culturels, proposent aussi cet album dans leurs étals.

Pour éviter les fuites, Warner avait pris des mesures de confidentialité importantes durant la phase de fabrication. Tous les exemplaires ont ainsi été fabriqués dans une seule usine, en Italie, ce qui est très inhabituel pour une telle quantité, a assuré son patron Thierry Chassagne à RTL.

Sur ce disque se côtoient le rock, le blues et le rockabilly, au fil de 10 chansons que le chanteur voulait taillées pour les stades. «Ce qui est magnifique, c’est sa voix. Il n’a jamais chanté comme ça. C’est bien la preuve que les artistes ne meurent pas», a déclaré le chanteur Patrick Bruel à l’AFP.

La commercialisation de cet album a été rendue incertaine pendant deux mois par une action en justice des aînés Laura Smet et David Hallyday. Ils réclamaient un droit de regard — finalement refusé par le tribunal de grande instance de Nanterre. Selon Thierry Chassagne, les deux aînés de Johnny ne lui ont «pas fait la demande» d’écouter le disque avant sa sortie.

Laeticia essaie de négocier avec David et Laura

Concernant l’autre volet de la bataille judiciaire autour du testament américain de Johnny, qui déshérite les enfants aînés du chanteur, Laeticia Hallyday a assuré au 20h de TF1 «essayer» de négocier avec eux.

«C’est compliqué, parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont orchestrées. Il y a beaucoup de haine, de mépris, d’humiliation, des mensonges qui vous font mal», a-t-elle ajouté lors de ce qui était sa première apparition audiovisuelle depuis le décès de la rockstar.

Laeticia Hallyday, qui a chapeauté la réalisation de l’album, avait choisi la minute même de la sortie du disque pour sortir de son silence avec un premier message en forme de dédicace amoureuse sur ses comptes Instagram et Twitter: «À toi, À nos amours, À tes amours, À la fureur de vivre, À la liberté de penser, À ta musique, Je t’aime pour toujours.» Et avec ces mots, des images du clip de J’en parlerai au diable, filmées lors d’un road trip en moto de la star en 2016 aux États-Unis.

Après ces retrouvailles, les fans pourront aussi tenter d’acquérir des souvenirs de leur idole parmi les nombreux objets et tenues ayant appartenu à Johnny Hallyday vendus aux enchères samedi à Drouot. Ils pourront y trouver la célèbre veste blanche que portait Johnny sur la fameuse «photo du siècle» de Salut les copains en 1966.