Révélée comme comédienne dans la série jeunesse «Tactik», Laetitia Isambert ajoute la chanson à son arc.

Laetitia Isambert dans le spleen de Françoise Hardy

Presque 50 ans d’âge séparent Françoise Hardy et Laetitia Isambert, ce qui n’empêche pas la seconde, comédienne et interprète québécoise, de se reconnaître, par-delà les décennies, dans les chansons de l’icône française des années 60.

Une vieille âme que la jeune femme de 25 ans? La remarque la fait sourire. «Peut-être. Je crois que je suis quelqu’un d’assez nostalgique. Parfois, j’ai l’impression de ne pas être née à la bonne époque», confie-t-elle, attablée dans un café de la rue Saint-Jean, à quelques semaines du spectacle hommage à son idole, présenté au Théâtre Petit Champlain le 11 novembre.

Née de parents français, Laetitia Isambert s’est fait très vite l’oreille avec les grands chanteurs de l’Hexagone. «La chanson française était omniprésente à la maison, avec les Brel, Ferré, Hardy. C’est ce qui a bercé mon enfance. J’ai grandi en les écoutant.»

Une douloureuse rupture amoureuse, il y a deux ans, l’a ramenée aux compositions de l’auteure de L’amitié et de La maison où j’ai grandi, dont la source d’inspiration a souvent été la souffrance et la douleur des sentiments.

Elle confie s’être reconnue dans sa façon, à peu près au même âge, de se poser de grandes questions existentielles. «De vivre une peine d’amour, de chercher à comprendre, m’a poussée à réécouter ses chansons qui décrivaient bien les états d’âme que je vivais.»

Elle donne en exemple Parlez-moi de lui, qu’elle revisite sur scène dans un arrangement «plus jazzé» dont elle se dit très fière. Une chanson qui se plaît à gratter le bobo après un échec amoureux, alors que l’amante éconduite cherche à se faire parler de son ex. «Tu sais que ça te détruit complètement te faire raconter ce que l’autre vit. Ça décrit bien ce plaisir malsain.»

Extraits audio et saynètes

Au cours de ce spectacle baptisé L’Anamour, du nom de la chanson de Gainsbourg reprise par Françoise Hardy, la jeune Laetitia revisite, accompagnée de trois musiciens, une vingtaine de chansons de son idole qu’elle n’a jamais rencontrée. S’ajoutent des archives sonores et des saynètes où le comédien Charles-Alexandre Dubé personnifie à la fois la mère de la chanteuse et son ex, Jacques Dutronc. Des informations puisées à même la lecture de son autobiographie.

«Ce sont deux personnes qui ont été très importantes dans sa vie. Elle a été très attachée à sa mère, de façon excessive, même. Cette dépendance s’est ensuite transportée sur Jacques Dutronc. Leur relation a duré des années, mais a été très tumultueuse.»

Révélée dans la série jeunesse Tactik, qui lui a valu une nomination aux Gémeaux, Laetitia Isambert n’a pas chômé depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2016. À la télé, elle a également été vue dans Nouvelle adresse et L’Académie, dont la deuxième saison sortira cet automne. La chanson représente une autre corde à son arc.

«Je ne dis pas que je suis chanteuse. Je suis plutôt interprète, avoue-t-elle. Quand j’écoute une chanson, je trouve le texte et le vécu plus intéressants, davantage que les notes.»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Qui: Laetitia Isambert

• Quoi: L’Anamour – Laetitia chante Hardy

• Quand: 11 novembre, 15h

• Où: Théâtre Petit Champlain

• Billets: 27,50$