Alexandre Martel, alias Anatole, lance son deuxième album vendredi.

La libération d'Anatole

Il y a quelques années, Alexandre Martel (que nous avons d’abord connu au sein de la formation Mauves) a créé l’exubérant personnage d’Anatole dans une volonté de se réapproprier le spectacle «avec un grand S» et de brasser la cage dans une industrie musicale jugée trop consensuelle. Il est allé loin dans l’exercice, peut-être un peu trop. Voilà qu’il revient vendredi avec Testament, un deuxième album offrant la matière première à une nouvelle proposition scénique qui promet encore de surprendre… mais autrement.

Attablé dans une taverne de son quartier Limoilou, Alexandre Martel revient sur la genèse d’Anatole. «Tout ça venait d’un constat sur la scène musicale québécoise, d’une écœurantite aiguë de voir tout le temps le même show et de voir que l’industrie travaillait fort pour resservir toujours la même chose en sachant que c’était ça qui allait rapporter», tranche le musicien. Il a ainsi confié à son Anatole la mission d’offrir un autre genre d’expérience à son public en proposant, quitte à le déstabiliser, «quelque chose qui martèle toujours dans la face» du spectateur.

«C’est devenu une licence pour des choses qui n’auraient aucun sens si j’essayais de les endosser [avec Mauves], par exemple», résume Martel. Celui-ci s’est inspiré de Genesis à l’époque de Peter Gabriel pour prêter vie à cet exubérant faux prophète, qu’il assimile désormais davantage à une «zone de création» qu’à un personnage à proprement parler. N’empêche qu’il est, à un moment, devenu un peu lourd à porter.

«J’ai compris qu’à tellement vouloir briser les codes et défier les attentes que les gens ont dans un spectacle normal, j’avais juste créé de nouvelles attentes et que nous étions prisonnier de ces attentes-là, raconte Martel. Une fois que les gens avaient eu le choc initial de voir le spectacle, ils s’attendaient à vivre la même chose s’ils revenaient. Je nourrissais ça en voulant tout le temps que ça devienne plus gros dans la même voie. Je me suis rendu compte que ça dénaturait l’intention originale.»

Résultat? Anatole est mort au Bal du Lézard un soir de novembre 2017… Avant de revenir à la vie quelques dizaines de minutes plus tard, au Scanner, cette fois, en présentant les chansons de ce qui allait devenir Testament, le nouvel album lancé mercredi au Cinéma Cartier, où sera diffusé un court-métrage de Gabriel Lapointe créé en parallèle.


« J’ai compris qu’à tellement vouloir briser les codes [...], j’avais juste créé de nouvelles attentes »
Alexandre Martel

Alexandre Martel n’a pas encore mis le doigt sur la forme que prendra son prochain spectacle. «Mais il ne faut pas s’attendre à voir ce qu’on voyait avant, précise-t-il. On va surprendre, pas par la propension que ça va prendre, mais juste par la nature même du spectacle.»

L’année Lenoir

L’album Testament d’Anatole devait à l’origine paraître au printemps dernier. La sortie a été repoussée et Alexandre Martel n’ira pas s’en plaindre puisqu’entre temps, il y a eu cette frénésie autour d’un certain Hubert Lenoir, dont il a coréalisé l’album Darlène et qu’il accompagne en tournée.

«Si mon album était sorti au printemps, je ne sais pas ce que j’aurais fait», lance le musicien, fraîchement revenu d’Europe. La bande s’est même tapé l’aller-retour deux fois en une semaine pour honorer ses engagements dans les vieux pays et quand même participer au gala du prix Polaris, où Darlène était en nomination.

Outre le lancement de mercredi au Cinéma Cartier, Alexandre Martel nous annonce qu’un spectacle d’Anatole aura lieu au Drague le 31 octobre. Il se produira aussi prochainement dans plusieurs régions de la province en première partie de la tournée de Keith Kouna.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Qui: Anatole

• Quoi: lancement d’album et projection du court-métrage Testament

• Quand: mercredi à 20h (ouverture des portes à 19h30)

• Où: Cinéma Cartier

• Accès: gratuit (réservation requise)