Love suprême, de Koriass

Koriass: percutante remise en question ****

«Regarde ce que tu es devenu. T'es rendu un clown, une marionnette...» lance d'un ton méprisant la voix grave de Gilbert Sicotte dans un intermède du nouveau disque de Koriass.
En mordant dans le thème du narcissisme, le rappeur installé dans Limoilou n'a pas fait les choses à moitié. Avec sa progression dramatique et son refrain puissant, l'extrait Zombies avait mis la table d'efficace manière.
Entre la bravade et la sensibilité, à la fois théâtral et personnel, dense et mélodique, ce Love suprême suit la même courbe. 
Ça débute dans un grand élan d'arrogance distillée par un alter ego se croyant invincible, ça se termine dans une apothéose lumineuse transpirant l'honnêteté et prônant un retour à l'essentiel. 
Après avoir échantillonné Les Cowboys Fringants sur l'album précédent, Koriass emprunte ici aux Soeurs Boulay pour la percutante Blacklights
Et s'il peut compter sur les rimes et l'attitude des confrères Loud et Lary Kidd sur deux titres, la voix de la chanteuse Sabrina Halde (Groenland) insuffle une bonne dose d'âme à la pièce-titre, déjà criante de vérité.