S’efforçant de parler en français le plus souvent possible, l’Australien Kim Churchill n’a pas raté ses retrouvailles avec son public de Québec, jeudi.

Kim Churchill: le charme opère toujours

CRITIQUE / Il y a visiblement des fans qui s’étaient ennuyés de Kim Churchill… L’Australien a renoué jeudi avec son public de la capitale dans un théâtre Impérial au parterre aussi bondé que bruyant d’enthousiasme. Le sourire fendu jusqu’aux oreilles, l’auteur-compositeur-interprète le leur a bien rendu.

S’efforçant de parler en français le plus souvent possible, le blond musicien a renouvelé son opération charme d’efficace manière. L’homme-orchestre aux pieds nus — ce n’est pas l’hiver québécois qui fera enfiler des chaussettes à ce surfeur… — s’est pointé à Québec muni de sa guitare, de sa grosse caisse et de son harmonica. Mais il s’est aussi adjoint les services de deux batteurs et choristes (dont un joue également du clavier), en plus d’un violoniste venu pour un passage éclair. De quoi donner du coffre aux chansons, mais surtout une percussive précision.

Avec un cinquième album paru il y a quelques mois, Kim Churchill a fait la part belle à ses nouvelles pièces, qu’il a confié avoir écrites en une semaine après avoir jeté à la poubelle un album complet dont il était insatisfait. «C’est pour ça que ça fait un moment que je ne suis pas venu vous voir», a-t-il justifié.

Il s’est fait pardonner son absence en jouant habilement de contrastes. Pour une chouette Rosemary servie en tête-à-tête ou une magnifique Weight Falls livrée version feu de camp en rappel (avec le public qui gardait la cadence en claquant des doigts), nous avons eu droit à des segments où Churchill et ses complices ont mis la gomme : une Second Hand Car bien punchée, une dansante What I’m Missing propulsée par un rugissant harmonica, une Don’t Leave your Life So Long (un titre écrit en Gaspésie, semble-t-il), qui a fait montre d’une belle progression. Sans surprise, c’est le succès Window to the Sky qui a mérité le plus d’acclamations… et de déclarations, avec des «Kim, on t’aime!» bien sentis émergeant du parterre.

Caracol

En début de soirée, nous avons eu l’occasion de retrouver Caracol, qui s’était montrée plutôt discrète dans les dernières années. Voilà que l’auteure-compositrice-interprète a repris du service en lançant Les yeux transparents, un minialbum sur lequel elle embrasse les sonorités électro-pop. C’est en quelque sorte une troisième vie musicale pour celle qui s’est d’abord fait connaître dans les inspirations world du duo DobaCaracol, puis dans une veine plus pop en solo.

Butinant entre les machines, la guitare et les percussions, la chanteuse a défendu son nouveau matériel en créant des boucles musicales parfois hypnotiques et généralement fluides, malgré quelques accrocs. En plus d’un petit détour dans le passé le temps d’une très jolie Blanc mercredi, Caracol a fait une Katniss Everdeen d’elle-même en reprenant The Hanging Tree, l’hymne des rebelles des films Hunger Games.