L'Israélienne Netta Barzilai a remporté le dernier Eurovision avec sa chanson «Toy».

Israël sauve in extremis l’organisation de l’Eurovision 2019

JÉRUSALEM — Israël a sauvé mardi in extremis l’organisation de l’Eurovision 2019 qui lui revenait après la victoire de son exubérante représentante Netta Barzilai, grâce à un accord financier conclu au tout dernier moment.

L’Union européenne de radio-télévision (UER), qui organise l’Eurovision, avait lancé un ultimatum en exigeant un dépôt de garantie de quelque 18 millions $ avant mardi, faute de quoi la compétition aurait lieu ailleurs. Ce dépôt doit couvrir les frais entraînés par une éventuelle annulation.

L’Office public israélien de la radio et de la télévision, appelé Kan, et le ministère des Finances n’ont cessé de se quereller ces dernières semaines en s’accusant mutuellement de menacer la tenue de cette compétition, considérée comme très importante pour l’image d’Israël.

Pour l’État hébreu, l’organisation de toute rencontre sportive ou artistique internationale est en effet célébrée comme une victoire face aux appels au boycottage lancés régulièrement par des groupes pro-Palestiniens.

Kan réclamait des fonds publics supplémentaires pour payer le dépôt de garantie, mais le ministère des Finances insistait pour que l’Office public s’arrange avec son budget actuel.

«La crise de l’Eurovision est terminée», a annoncé la radio publique Kan. 

Le dépôt de garantie doit couvrir une éventuelle annulation, au cas où la Kan serait dans l’incapacité d’organiser l’événement, à cause d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle. En cas d’annulation, le gouvernement et Kan se mettront d’accord entre eux sur l’aide financière qui sera accordée à l’Office public.

Israël a remporté à quatre reprises l’Eurovision et la compétition s’est déroulée à deux reprises à Jérusalem, en 1979 et en 1999.

Aucune décision concernant le lieu et les dates de l’Eurovision 2019 n’a été encore prise.

Depuis sa victoire le 12 mai à Lisbonne, Netta Barzilai, 25 ans, fait danser les Israéliens sur son tube Toy, inspiré par l’esprit de la campagne #MeToo contre le harcèlement sexuel.

Politique

La partie de bras de fer engagée entre le ministère des Finances soutenu par le premier ministre Benjamin Nétanyahou et l’Office de radio et de la télévision a rapidement pris une tournure politique.

Selon plusieurs commentateurs, le conflit financier s’explique avant tout par l’hostilité de Benjamin Nétanyahou envers l’Office de radio et de télévision, qu’il accuse d’être noyauté par des journalistes «gauchistes».

Le premier ministre n’a pas caché son intention de démembrer cet organisme public qui survit à coups de subventions, pour favoriser les investisseurs privés dans les médias.