Irish Moutarde, c’est d’abord un prétexte de party pour le sextuor, qui célébrera la Saint-Patrick samedi à L’Anti.

Irish Moutarde: des Dropkick Murphys à Pachelbel

Irish Moutarde aurait pu être le groupe d’un seul spectacle : ses musiciens s’étaient rassemblés autour des airs punk-celtiques des Dropkick Murphys et de Flogging Molly dans la foulée de la renaissance en 2010 du défilé de la Saint-Patrick dans la capitale. Huit ans plus tard, la formation de Québec continue de festoyer avec un deuxième album, Perdition, sur lequel elle invite à lever le coude dans les deux langues officielles tout en s’offrant un détour chez Pachelbel.

Depuis la parution de son premier disque, Raise ‘Em All, en 2013, Irish Moutarde a trouvé des oreilles dans plusieurs pays : du Brésil aux Philippines en passant par la France — où le groupe a eu l’occasion de se produire —, l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède. Avec deux changements à son alignement (Tony Vandal a adopté le banjo et Gabor Somogyvari se charge maintenant de la cornemuse), la festive bande revient avec une collection mi-francophone, mi-anglophone. Un bilinguisme choisi par défi, mais aussi dans une volonté d’élargir son public dans son coin de monde.  

«La réception du premier album nous a tous surpris, observe le guitariste Jérôme Bélanger. On s’était fait dire que le domaine de la musique celtique était ultraconservateur. Finalement, on s’est retrouvé sur plein de palmarès de musique celtique à la grandeur de la planète. C’est aussi là qu’on s’est rendu compte que c’est plus facile de se faire connaître ailleurs qu’ici. Ç’a été un des arguments qui nous a poussés à écrire en français.»

D’abord une fête

Irish Moutarde (un nom semble-t-il apparu devant un stand à hot-dogs), c’est d’abord un prétexte de party pour le sextuor, qui célébrera la Saint-Patrick samedi à L’Anti, un pied dans le punk-rock, l’autre dans la tradition celtique. «On vend presque plus une fête qu’un spectacle de musique. D’abord, on veut que ce soit rassembleur. On veut passer un bon moment. On n’est pas porté à passer un message, il n’y a rien de politique. C’est léger, on veut oublier le train-train quotidien», décrit Jérôme Bélanger. 

«Les gens nous disent qu’ils écoutent notre album et que c’est reposant mentalement», observe à son tour le batteur Sébastien Malenfant à propos de ces airs qui, on s’entend, visent généralement davantage à décoiffer qu’à bercer. 

«Moi, j’entends plus que ça leur donne soif!» rigole de son côté la chanteuse et accordéoniste Andrée-Anne McHalley, avant d’ajouter plus sérieusement : «Oui, il y a cette idée de faire la fête. Mais il y a aussi dans les paroles un fil conducteur dans cette histoire de dualité, dans l’idée de faire ce que l’on veut plutôt que ce qui est attendu de nous. Ça se passe autant dans des chansons qui parlent d’amitié que de relations amoureuses.»

Chaque membre d’Irish Moutarde a mis sa griffe sur l’une ou l’autre de ces 13 nouvelles pièces, qui vont de la chanson à boire — le groupe lance d’ailleurs simultanément la Perdition, une Irish ale brassée par Le Corsaire, vendue dans ses spectacles et au Monde des bières — à un hommage à la Beauce natale de deux des musiciens. Une demande spéciale de la mère de l’un d’entre eux, confient-ils. Ça se conclut sur The Bitter End, chanson d’amour intégrant la ligne mélodique du Canon de Pachelbel. 

«C’est peut-être à cause de ma formation, explique Andrée-Anne McHalley. J’ai fait 10 ans de piano classique quand j’étais jeune. En composant The Bitter End, j’ai remarqué que c’était la même série d’accords que la Canon de Pachelbel. Donc je l’ai intégré à la chanson. J’ai été contente de pouvoir composer une autre couche de mélodie qui va avec le Canon

Irish Moutarde commence ses célébrations de la Saint-Patrick ce jeudi à Rimouski. Outre un party en bonne et due forme annoncé pour samedi à L’Anti, le groupe doit aussi faire escale vendredi à Saint-Georges et le 24 mars à Saint-Jean-Port-Joli. 

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CORNEMUSEUR «PAR PARESSE»

Si Gabor Somogyvari (dit «Gabichou»!) s’est mis à la cornemuse, ce n’est pas d’emblée par passion pour cet instrument… C’est plutôt par fainéantise, confesse l’ex-militaire originaire de Calgary, qui a vu sa dernière mutation l’amener dans notre coin de pays. 

«Quand j’étais au Collège militaire à Kingston, on avait le choix de se lever à 6h du matin pour aller faire de l’entraînement physique dehors — il faisait froid et ça ne me tentait pas… — ou de suivre des cours de musique à 6h30 à l’intérieur. Avec du café, en plus. Moi, j’étais vraiment paresseux», relate en rigolant le joyeux drille, qui a remplacé il y a deux ans Christian Haerinck au sein de Irish Moutarde. 

«En plus, la baraque où j’habitais était jumelée avec la bâtisse où ils enseignaient la musique, reprend le cornemuseur. Je me levais le matin, je mettais mes vêtements de coton ouaté et j’allais jouer de la musique. À cause de ma paresse absolue, j’ai appris un des instruments les plus compliqués dans le monde!»

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Quoi: Irish Moutarde (FolkYou en première partie)
  • Quand: samedi à 21h (ouverture des portes à 20h)
  • : L’Anti
  • Billets: 15 $
  • Info.: anti.ca ou www.irishmoutarde.com