Dans un Centre Vidéotron aussi bondé que survolté, ils ont prouvé mercredi qu’ils peuvent encore en montrer à bien des plus jeunes en matière de précision, de charisme et d’énergie scénique.

Increvable Iron Maiden

CRITIQUE / À un âge où d’aucuns songent à la retraite, les vieux routiers d’Iron Maiden ne ralentissent pas la cadence, bien au contraire. Dans un Centre Vidéotron aussi bondé que survolté, ils ont prouvé mercredi qu’ils peuvent encore en montrer à bien des plus jeunes en matière de précision, de charisme et d’énergie scénique.

«Ça va, Québec? Moi aussi ça va, même si j’ai 61 ans», a précisé d’entrée de jeu en français le chanteur Bruce Dickinson, qui célébrait justement son anniversaire ce jour-là (on a d’ailleurs eu l’occasion de lui chanter «Bonne fête»). S’il sentait le poids de son âge, le Britannique ne l’a surtout pas montré… Et comment le pourrait-il? Avec le confrère Nicko McBrain qui continue à 67 ans de malmener sa batterie avec sa vigueur d’antan, pas d’excuse pour les autres!

L’amphithéâtre était gonflé à bloc pour accueillir les vétérans, après une première partie de spectacle assurée par de plus jeunes loups : la formation londonienne The Raven Age, où le fils du bassiste d’Iron Maiden, Steve Harris, manie la guitare. Si le style de metal s’avère nettement plus générique (et quelque peu ordinaire, avouons-le), on peut quand même avancer que la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre… 

Mais nous étions quand même prêts à entrer dans le vif du sujet. Ça tombe bien, le sextuor n’a pas tardé à mettre la gomme : introduite par les mots de Winston Churchill, Aces High a ouvert les hostilités de solide manière, un avion Spitfire surplombant nos expérimentés métalleux. Voilà pour la thématique militaire, qui allait plus tard être appuyée par nul autre qu’Eddie, la mascotte zombie qui orne l’imagerie du groupe depuis toujours. Déguisé en soldat, il est débarqué pendant The Trooper le temps d’une petite bagarre avec Dickinson, pendant que les autres se démenaient sur leurs instruments.

Ace High a ouvert les hostilités de solide manière, un avion Spitfire surplombait les vétérans Bruce Dickinson et Steve Harris.

Se la jouer gamin

Ce n’est pas parce qu’on a la soixantaine bien sonnée qu’on ne peut pas se la jouer gamin… Bien en voix, le chanteur ne s’est pas privé de le faire en menant ses confrères à la baguette pendant The Clansman, en s’armant de lance-flammes pour précipiter la chute d’Icare dans Flight of Icarus ou en menant le jeu du très théâtral tableau (fumée et pétards en prime) de Sign of the Cross.

Avec un spectacle baptisé Legacy of the Beast (qu’on peut traduire par «L’héritage de la bête») et qui accompagne le lancement du jeu vidéo du même nom, Iron Maiden a mis cartes sur table : «pas de nouvelle chanson, c’est une tournée de notre legs», a annoncé Dickinson. Le groupe a plutôt misé sur une bonne poignée de classiques repris d’une seule voix par la foule.

Ç’a notamment été le cas de 2 Minutes to Midnight, qui s’est attiré une belle chorale. Et comme on pouvait s’y attendre, le public a explosé dès les premières notes de Fear of the Dark, de The Number of the Beast et de Run to the Hills, gardée pour le dessert. 

Iron Maiden cultive sa relation avec le public de Québec depuis plus de 35 ans. Le groupe détient même le titre du visiteur le plus assidu du vieux Colisée. On pouvait parler mercredi d’un retour en terrain conquis. En vrais pros, les musiciens n’ont jamais tenu la foule pour acquise. Ça, c’est de la classe.

Même si les vieux routiers d'Iron Maiden faisaient un retour en terrain conquis à Québec, ils n'ont jamais tenu la foule pour acquise.