Après le thème de «Retour vers le futur», les comédiens Bertrand Alain et Véronica Makdissi-Warren ont surgi, dans un nuage de fumée, costumés en Marty McFly et Doc.

«Hollywood» de l'OSQ: voyage spatio-temporel dans l’univers du 7e art

CRITIQUE / Si les multiples suites des grosses productions hollywoodiennes ont tendance à perdre en substance, la quatrième mouture du concert Hollywood de l’Orchestre symphonique de Québec, elle, a tout l’éclat voulu. Devant une salle comble (si bien qu’on a ajouté une supplémentaire samedi), alors qu’un parfum de maïs soufflé flottait dans l’air, l’OSQ, le chœur et le dynamique duo d’animateurs nous ont fait voyager dans l’histoire du cinéma.

Le thème de Retour vers le futur (Alan Silvestri) était tout indiqué pour ouvrir la soirée. Les comédiens Bertrand Alain et Véronica Makdissi-Warren ont ensuite surgi, dans un nuage de fumée, costumés en Marty McFly et Doc, pour mettre la table pour ce voyage spatio-temporel dans l’univers du 7e art. Comiques, bien investis dans leurs rôles, chantant, déclamant, jouant, les deux concepteurs ont beaucoup apporté au concert en s’amusant à réveiller nos référents. Une grande partie de l’intérêt d’un concert de musique de film est d’ailleurs d’éveiller des souvenirs de cinéphiles, de retrouver les émotions qui nous ont envahies en écoutant Titanic, La mélodie du bonheur, Ben Hur ou encore Avatar. Même si on était un peu moins familier avec le western Silverado, le duo s’est chargé de nous en donner un bon aperçu en recréant les voix de la bande-annonce, qui comporte des perles de traduction franchouillarde et de voix dignes des dessins animés de Lucky Luke.

Les pièces étaient tirées de film d’actions, de péplums, d’histoires romantiques et de films de science-fiction, ce qui créait un bon dosage de segments trépignants et grandioses et de pièces plus émouvantes et senties. Nicolas Ellis, qui a été chef adjoint de 2015 à 2018, a dirigé le concert avec élégance et aplomb. Le jeune maestro est facile à aimer, ses gestes sont assurés, rigoureux, et en même temps il n’hésite pas à se prêter au jeu de la mise en scène. Après s’être fait remettre un paquet de feuilles de partitions mélangées par Véronica Makdissi-Warren, il a dirigé L’Hommage aux compositeurs de film de John Williams (un medley rempli de pièces connues qu’on prenait plaisir à identifier en deux ou trois mesures) en lançant à intervalle régulier des feuilles par-dessus son épaule. Il a même joué Christian, de Cyrano de Bergerac, dans un sketch délirant rassemblant des scènes d’amour bien connues.

Le chœur de l’OSQ, sous la direction de David Rompré, nous a amené dans une autre dimension en chantant des extraits de L’Abysse, Jésus de Nazareth et Excalibur (Carmina Burana : O Fortuna), au rappel. Pour Le Hobbit : Les monts brumeux, de Howard Shore, les choristes hommes, a cappella, ont livré une belle prestation.

La conjugaison des voix, des percussions très présentes, des cordes, des vents, parfois même d’un piano (notamment pour Edelweiss, tiré de La mélodie du bonheur, où on a invité le public à chanter aussi) donnait aux pièces chargées d’émotions et d’énergie une nouvelle puissance, qu’on n’avait qu’à savourer.

Ce programme, vu jeudi au Grand Théâtre de Québec, sera repris vendredi à 19h30 et samedi à 14h30 au même endroit.