Margaux Sauvé alias Ghostly Kisses

Ghostly Kisses: la musique qui fait du bien

Si Margaux Sauvé n’avait pas choisi de se concentrer sur la musique avec son projet Ghostly Kisses, elle aurait sans doute œuvré en relation d’aide. Après des études en psychologie, elle a laissé sa fibre artistique prendre le dessus. Mais cette millionnaire en écoutes sur Spotify n’a pas pour autant renoncé à faire du bien.

Intitulé The City Holds My Heart, le deuxième minialbum de Ghostly Kisses contient notamment une reprise de la chanson Zombie des Cranberries. Au lendemain du décès de la chanteuse Dolores O’Riordan, en janvier dernier, l’auteure-compositrice-interprète de Québec a eu envie de rendre hommage à cette artiste qui l’a, nous dit-elle, beaucoup inspirée. Quelques jours plus tard, elle a livré sur scène sa version du plus grand succès de la formation irlandaise. Et elle a été soufflée par la réaction de son public. 

«Ç’a créé un moment de recueillement. Je me suis dit que c’est pour ce genre de moments que je fais de la musique. Oui, c’est parce que j’aime vraiment ça. Mais c’est aussi une façon de partager. Il n’y a rien de plus beau que d’écouter une chanson et de trouver que ça fait du bien. Si je peux amener ça à quelqu’un d’autre, ça vaut la peine de continuer. Ce spectacle-là a été quand même révélateur», relate la musicienne, dont les chansons cumulent quelque huit millions d’écoutes sur la plateforme de diffusion Spotify.

Plus organique

Margaux Sauvé peaufine le son de Ghostly Kisses depuis maintenant quelques années. Celle qui a fait sa marque en ligne avec sa voix douce et son électropop éthéré a lancé l’an dernier un premier mini-album, What You See, qui a trouvé des oreilles au Canada, mais aussi, notamment, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Turquie, selon le portrait qu’elle nous dresse. Dévoilé ce vendredi, The City Holds My Heart est le fruit d’une longue réflexion mûrie avec son complice de création, Louis-Étienne Santais (Floes). Puisant chez des artistes qui ont bercé sa jeunesse — elle cite entre autres Massive Attack ou Dido —, la musicienne a voulu conjuguer les contrastes sur ses nouvelles compositions. 

«J’aime une musique où il y a des voix douces, mais dans un contexte plus rough, où ça va rentrer à d’autres niveaux. On va par exemple aller chercher plus de profondeur avec la basse, des synthés ou des percussions. Mais en gardant en même temps le côté des cordes et un beau piano», décrit celle qui a volontairement privilégié davantage d’instruments organiques que par le passé. 

«J’aime encore la musique électronique, j’en écoute vraiment beaucoup. Mais il me manquait de vibrations», explique-t-elle.

Indépendance

Alors qu’un autre minialbum de Ghostly Kisses est prévu pour 2019, Margaux Sauvé ne nie pas qu’elle aurait pu faire les choses de manière plus conventionnelle en rassemblant toutes ses nouvelles chansons sur un album complet. Mais celle qui évolue de manière indépendante préfère continuer de creuses un sillon qui lui a souri en cette ère où la diffusion en continu (streaming) demeure selon elle la meilleure manière de trouver un auditoire.

«Je n’ai pas connu l’avant. J’ai commencé à mettre des chansons en ligne dans cette optique de les lancer une à la fois. C’est un peu mon école. Le fait que mon projet ne soit pas signé, ça ne me fait pas peur. Ce n’est pas un frein au développement», indique Margaux Sauvé, qui a notamment pu entendre sa pièce Roses dans le générique du film Ailleurs de Samuel Matteau. Sa chanson Empty Note a de son côté été choisie par l’équipe de la série L’Académie, diffusée à TVA. 

Margaux Sauvé ne nie pas avoir été approchée par des gens de l’industrie à la suite de ses succès en ligne. Elle a même reçu une proposition concrète d’une compagnie de disque. Une offre qu’elle a préféré décliner. 

«Je trouvais que ce n’était pas le bon moment ou la bonne collaboration encore. Je ne suis pas pressée», évoque-t-elle. Quand on lui mentionne que sa confiance a de quoi impressionner, elle rigole : «Je vais me rappeler ça quand j’aurai un petit down!» lance-t-elle, avant de reprendre plus sérieusement. «C’est sûr que d’être indépendante depuis le début et de voir le projet continuer à se développer, ça me rend fière. Mais c’est beaucoup de travail...»

Le minialbum The City Holds My Heart de Ghostly Kisses sera disponible dès le 23 novembre et fera l’objet d’un lancement (qui affiche déjà complet) à L’Anti le 28 novembre. Sa tournée s’arrêtera au Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald le 30 mars et à la salle Multi du complexe Méduse le 3 avril.