L’autrice-compositrice-interprète Margaux Sauvé dit observer un intérêt pour la musique de Ghostly Kisses dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
L’autrice-compositrice-interprète Margaux Sauvé dit observer un intérêt pour la musique de Ghostly Kisses dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

Ghostly Kisses : Voyages, voyages...

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
La majorité des titres de Never Let Me Go, quatrième minialbum de Ghostly Kisses, sont nés au fil des voyages de l’autrice-compositrice-interprète Margaux Sauvé et de son complice Louis-Étienne Santais. Ironiquement, ils nous arrivent à une époque où le parcours international de l’artiste prenait concrètement son envol et a été freiné par la pandémie. Ce n’est que partie remise pour la créatrice de Québec.

«Cet automne a eu lieu ma première vraie tournée à l’extérieur, en Europe, note Margaux Sauvé. On avait une tournée semblable de prévue au printemps. J’ai bon espoir qu’on va pouvoir continuer d’aller à la rencontre des gens. Pour l’instant, il y a plus de personnes qui connaissent et qui suivent le projet ailleurs dans le monde qu’ici.»

Créées à Québec et déclinées en anglais, les chansons de Ghostly Kisses attirent depuis un moment les oreilles à l’international grâce aux plateformes d’écoute en continu. À titre d’exemple, les chiffres disponibles sur Spotify montrent qu’ils sont plus nombreux à les écouter à Istanbul et à Ankara qu’à Montréal et à Toronto. Margaux Sauvé avait d’ailleurs rendez-vous avec son public turc ce printemps, avant que la COVID-19 ne la force à remiser son passeport.

«À Istanbul, on le sait qu’il y a des gens qui nous suivent depuis un bon bout et qui nous écrivent. C’est un endroit où j’ai vraiment hâte d’aller, aussi parce que c’est différent du Québec et de notre culture», avance celle qui dit aussi observer un intérêt pour sa musique ailleurs au Moyen-Orient.

«On essaie de comprendre, c’est certain, ajoute-t-elle. On se fait des hypothèses sur pourquoi il y a eu un certain engouement en Iran, en Turquie ou en Égypte. J’ai vu sur Instagram un fan qui avait fait un mélange entre ma chanson Empty Note et l’appel à la prière. Ça m’a vraiment saisie. Je me suis dit qu’il y a peut-être quelque chose dans la chanson qui interpelle un côté plus spirituel. Ça m’a intriguée. Je suis allée relire mes paroles avec un angle plus spirituel et je me suis dit que les gens pouvaient les interpréter de cette manière-là.»

Exploration

Les six pièces réunies sur Never Let Me Go trouvent leurs racines dans les récents voyages de Margaux Sauvé. Elle évoque notamment un séjour dans la capitale catalane pendant le tumulte entourant le référendum sur l’indépendance et pendant lequel est née la chanson Barcelona Boy.

«Ça commençait à brasser un peu, mais on s’est ramassé là quand même. Un soir, il y avait des manifestations dans les rues alors on a décidé de rester dans notre petit appartement Airbnb. En voyage, je traîne toujours un petit clavier. On avait commencé à écrire la chanson à ce moment-là», raconte la musicienne.

«Il y a eu différents contextes de partir et de revenir qui ont amené différentes idées, ajoute-t-elle. J’ai réalisé que de changer d’environnement, de voir d’autres paysages, ça nous fait du bien pour plusieurs raisons et que c’est un moteur de création, aussi.»

Pour Margaux Sauvé et Louis-Étienne Santais, l’exploration s’est aussi faite en musique et dans les arrangements, beaucoup plus orchestraux que la facture électronique mise de l’avant dans les débuts de Ghostly Kisses.

«On a essayé de nouvelles façons de faire, confirme l’autrice-compositrice-interprète. On avait l’objectif d’aller chercher plus de profondeur dans une dimension plus humaine, peut-être plus cinématographique. L’idée d’enregistrer plus d’instruments comme la harpe, la mandoline, la guitare classique et même la batterie, chose qu’on n’avait jamais faite avant, est venue de là. Pour la suite, ça se pourrait qu’on essaie encore une autre manière. On aime beaucoup de choses et je ne pense pas qu’il n’y ait qu’une façon de faire...»