Les rappeurs Koriass et FouKi proposent ce vendredi un premier album en duo.
Les rappeurs Koriass et FouKi proposent ce vendredi un premier album en duo.

Génies en herbe : L’album-surprise de Koriass et FouKi

Koriass et FouKi avaient déjà partagé la plume et le micro dans des collaborations ponctuelles. Voilà que les deux rappeurs officialisent leur complicité sur Génies en herbe, un album complet portant leurs deux griffes et lancé en surprise ce vendredi.

Joints à leurs domiciles respectifs, l’un à Québec, l’autre à Montréal, Koriass et FouKi ne cachaient pas leur enthousiasme devant le résultat de ce nouvel échange, le plus abouti à ce jour entre les deux amis. 

«C’est un projet que je trouve emballant. Je ne m’étais jamais vraiment imaginé faire un album en duo avec quelqu’un. Un projet complet me semblait compliqué et possiblement conflictuel. Mais ça n’a vraiment pas été ça. Ça s’est vraiment fait naturellement, dans le plaisir et l’harmonie. Jusqu’à la fin, il n’y a pas eu de conflit», raconte Koriass, Emmanuel Dubois de son vrai nom. 

«Les deux, on shine à notre maximum», s’est à son tour réjoui Léo Fougères, alias FouKi. 

Renfermant 14 titres mitonnés avec les producteurs et beatmakers Ruffsound, QuietMike, RealMind ou June Nawakii, Génies en herbe a été terminé en période de confinement. En témoigne la pièce-titre, où les deux rappeurs font référence à la COVID-19. Heureusement, le gros du travail avait été abattu avant la pandémie, notamment dans une retraite de création dans un chalet en janvier. De quoi ajouter de la matière à celle créée «pour le fun» l’été dernier. 

Ludique

Fort ensoleillé, l’album de FouKi et Koriass donne lieu à quelques exercices plutôt amusants, notamment via deux chansons — Tout c’qui faut et Fait chier —, qui prennent des allures d’énumérations livrées dans un véritable ping-pong vocal. 

«Les deux, on a voulu approcher les chansons en leur donnant des sujets clairs, explique Koriass. Ça pouvait être plus ludique ou plus premier degré. Des chansons comme Tout c’qui faut ou Fait chier, ce sont des sujets plus définis, moins flous que juste faire de l’égotrip. On l’a fait aussi sur l’album, mais on avait envie de faire des chansons plus concepts. Mais on n’a pas trop réfléchi l’affaire non plus. On a fait les chansons comme on avait envie de les faire.»

Dans le fait d’écrire à deux, FouKi dit de son côté avoir trouvé un sain esprit de compétition. «Si Manu arrive avec un killer verse, va falloir que je drop de quoi de très lourd, image-t-il. Et vice versa. C’est le fun. Ça pousse à réfléchir plus. On a envie de se surpasser pour que Manu me dise que mon verse est fou. Et je trouve que les deux, ça fitte bien ensemble. On se rejoint autant dans l’écriture que dans le flow

Clin d’œil à RBO

En choisissant le titre Génies en herbe, Koriass et FouKi ont mordu à fond dans le concept en ajoutant comme fil conducteur entre les pièces des échantillonnages du mythique sketch de Rock et Belles Oreilles parodiant le jeu-questionnaire. Vous vous souvenez? Celui qui opposait les étudiants modèles du Lycée des langues supérieures d’Entrailles-les-Oies à ceux, autrement moins studieux, de l’École de réhabilitation St-Jean-de-Bosco… Trop jeune pour avoir connu cette époque — il est né en 1996 — FouKi a craqué quand Koriass, un grand fan de RBO, lui a fait découvrir cette pièce d’anthologie humoristique.  

«Je capotais. Je pense que j’ai regardé la vidéo trois fois de suite», lance le plus jeune du duo, pour qui le titre s’avère fort approprié. «Les deux, on est des drop-out et d’habitude, les Génies en herbe, ce sont les meilleurs de l’école. On trouvait déjà ça drôle pour ça. Sinon, il y a nos noms de famille : moi, c’est Fougères et lui, c’est Dubois. On est dans la forêt, là. On est très botanique!»

Par le passé, Koriass a souvent blagué en qualifiant l’ami FouKi de «fils spirituel» à cause de leur différence d’âge, lui qui a franchi le cap de la mi-trentaine. Sur Génies en herbe, il rectifie le tir et choisit plutôt de l’appeler «frangin». 

«C’était une joke, tout ça, précise-t-il. Il n’y a pas de relation de mentorat. Ça se passe vraiment d’égal à égal. J’ai autant à apprendre de lui, qui travaille différemment, qu’il peut avoir à apprendre de moi. C’est pour ça que j’ai tenu à le dire dans une chanson.»

Pas trop enclin à se prendre la tête, FouKi en fait peu de cas. «Peut-être que dans un mois, je vais être son cousin, je ne sais pas trop, là! rigole-t-il. Peut-être que je vais devenir son père. Ça se peut, ça?»