Garou s’en donne à cœur joie, butinant entre la guitare, la trompette, le piano, les clochettes et l’harmonica.

Garou au Capitole: une fête en deux pôles

CRITIQUE / En début de parcours, Garou a promis mercredi une soirée «qui monte en puissance», lors de la première de la résidence de spectacles qu’il offrira jusqu’à la fin de l’année au Capitole. Après une entrée en matière un peu longuette en mode Noël et un deuxième acte orienté autour de ses propres succès qui a réjoui ses fans, on n’aura pas pu le traiter de menteur!

Entouré d’un solide groupe de musiciens et des chanteuses Yama Laurent et Chloé Doyon, deux de ses protégées du concours télévisé La voix, Garou propose une fête un peu bipolaire, mais qui s’avère au final fort sympathique.

Les amoureux de Noël seront servis en début de soirée : un sapin bien décoré, des cadeaux et une bordée de neige pour clore la première partie… Garou y va d’une thématique classique de Noël dans le visuel du spectacle (tout ça prendra le bord pendant l’entracte), mais aussi dans le répertoire choisi. Ne vous attendez pas à de grandes surprises dans la liste des chansons interprétées en première partie. C’est plutôt sur la livraison que mise notre homme, qui prend son pied à revisiter des titres 1000 fois entendus en mode rock rétro ou rhythm and blues. 

Entre Let it Snow/C’est l’hiver bilingue en version crooner, un très efficace White Christmas sensuel et bluesé, un Minuit, chrétiens plus que convaincant entonné avec Yama ou un medley livré en partie dans la foule, Garou s’en donne à cœur joie, butinant entre la guitare, la trompette, le piano, les clochettes et l’harmonica. Même s’il tombe parfois dans le cabotinage ou la mièvrerie — «quand il y a de l’amour de même, on se demande pourquoi il y a encore de la guerre…», a-t-il observé en présentant Happy Xmas (War is Over) —, on se laisse gagner par son énergie un peu gamine. Mais ça sent quand même un peu les figures imposées et on a eu hâte de passer à la suite du programme. Garou aussi, semble-t-il : il avait l’air beaucoup plus à l’aise dans la deuxième partie de la soirée...

Succès et reprises

Après la pause, la vedette n’a pas tardé à entrer dans le vif du sujet en chantant Seul, pour le plus grand plaisir des fans. A suivi une sélection de ses propres chansons, parfois saupoudrées de reprises : Iris des Goo Goo Dolls a été mariée à Je suis le même, Every Breath You Take de The Police s’est invitée dans Demande au soleil et le combo That’s the Way (I Like it)/Get Lucky, ajouté à Reviens, a incité les spectateurs à se lever de leur siège. Quant à l’incontournable Belle de Notre Dame de Paris, elle a été lancée au rappel par les premières notes de… Jingle Bells!

Notons que Garou fait très bon usage de ses invitées. Magistrale dans I Put a Spell on You, Yama Laurent a mérité une ovation en interprétant Un peu de nous, la chanson que Garou a écrite pour elle à La voix. Autre clin d’œil au concours : cette livraison de Let it Be des Beatles (Garou avait été ému aux larmes en entendant Yama la chanter à la télé). Chloé Doyon a de son côté suivi les traces de Céline Dion pour Sous le vent et de Yoko Ono pour Happy Xmas (War is Over). Le trio n’a finalement pas manqué de dégourdir les jambes du parterre lors d’un très réjouissant hommage à Ray Charles. 

La résidence Dans l’temps se poursuit au Capitole jusqu’au 29 décembre. Garou y passera aussi la soirée de la Saint-Sylvestre dès 22h et jusqu’aux premiers moments de 2019.