Galas de l'ADISQ: trois questions à cinq révélations

Dans différentes sphères musicales, on peut dire qu’ils ont tous eu une grosse année. Au moment où l’ADISQ s’apprête à décerner ses trophées Félix — le 23 octobre pour le gala de l’industrie et le premier gala télévisé; le 27 octobre pour le grand gala —, «Le Soleil» a pris des nouvelles des jeunes artistes en lice pour le prix de la Révélation. Quatre sur cinq ont des racines dans la région, tous creusent un sillon qui leur est propre. Conversation avec la nouvelle garde de la musique québécoise.

Q Pouvez-vous résumer l’évolution que vous avez vécue dans la dernière année?

Alexandra Stréliski : Ç’a été une évolution très rapide, énorme, inattendue. Je n’ai pas vu mon année passer. J’ai la chance de voyager beaucoup avec ma musique. En rajoutant du décalage horaire là-dedans, c’est difficile de sentir ce qui se passe vraiment. Quand je reviens au Québec, mes salles sont remplies. C’est comme si je prenais le pouls tranquillement de ce que c’est de faire ce métier à temps plein.

Jérôme 50 : Ç’a été le fun, parce que j’ai pu jouer les chansons de La hiérarchill, que j’ai écrites peut-être plus pour les jeunes, devant un public qui ne s’attendait pas à ça. J’ai eu la chance de jouer avant Marc Dupré, avant Cœur de pirate. Ç’a amené mon art à une place où je veux l’amener. Ç’a été une bonne année de propagation de mon message de chilleur à travers un Québec qui est assez différent d’une génération à l’autre.

Les Louanges : En quelques mots : «mets ça dans le tapis, pis on continue!» Ça va vite, c’est sûr. Je suis dans le jus depuis un an, ça n’arrête pas. En même temps, ça va, là. J’ai quand même l’impression que ça aurait pu pogner plus intense que ça. Là, le beat est bon, c’est progressif. On bâtit.

Vincent Roberge, alias Les Louanges.

Lou-Adriane Cassidy : Ç’a été rapide et intense. C’est sûr que la sortie de mon album, ç’a été un accomplissement. Je faisais aussi beaucoup de spectacles avec Hubert [Lenoir] en même temps. Ç’a été une année somme toute houleuse et tripante.

Sarahmée : Ç’a été surtout d’écrire un album qui soit cohérent, qui reflète mes inspirations et qui soit complètement libre quant au contenu des paroles. Je pense qu’il y a eu une évolution par rapport à mon premier album en 2015. J’ai pris beaucoup de confiance, de maturité et d’authenticité par rapport à ma musique et à mon message. Tout ça a fait que les gens ont pu apprendre à me connaître grâce à cet album.

Q Un moment marquant de la dernière année?

Alexandra Stréliski : Il y en a eu plusieurs. Il y a eu des shows magiques. Le moment où je suis passée à Tout le monde en parle, ç’a comme explosé après ça. Le moment où j’ai reçu mon disque d’or, ç’a été symbolique. J’ai joué en Angleterre dans une cathédrale et c’était complètement grandiose.

La pianiste Alexandra Stréliski

Jérôme 50 : Le Festif. J’ai écrit la chanson Chaise musicale dans une optique summer. Le Festif a développé une scène flottante, donc on jouait sur l’eau. C’était super cool, il y avait plein de monde sur le party, il faisait beau. Pour moi, c’est ça, les vacances au Québec. Ç’a été vraiment magique.

Les Louanges : Sans hésiter, je dirais le Club Soda [aux Francos de Montréal]. C’était malade! C’était aussi la première fois que j’y retournais depuis la finale des Francouvertes. C’était pas mal cool d’y retourner pour faire mon propre show et que ce soit sold-out. C’était toute une soirée!

Lou-Adriane Cassidy : Je dirais mon spectacle à la Sala Rosa [à Montréal]. C’était comme mon lancement, ç’a été important pour moi. De voir les gens qui de plus en plus connaissent un peu les chansons, il y a quelque chose de magique et d’un peu irréel là-dedans.

Lou-Adriane Cassidy

Sarahmée : La Saint-Jean à Québec sur les plaines d’Abraham. Qu’une aussi grosse production me fasse confiance pour faire l’ouverture, ç’a été pour moi un gros challenge, mais surtout un beau moment dans ma carrière. Également, de participer au spectacle en tant que rappeuse, d’avoir eu cette place parmi tous les autres styles et tous les grands artistes qui jouent à cette fête, ç’a été un honneur.

Q Une chose que vous avez apprise sur l’industrie musicale dans la dernière année?

Alexandra Stréliski : L’industrie musicale est remplie de gens qui travaillent fort. Et pas toujours pour beaucoup de sous. Ce sont des passionnés, c’est une famille, surtout au Québec.

Jérôme 50 : J’ai appris qu’il ne faut pas avoir peur de dire ce qu’on pense. Quand j’ai lancé La hiérarchill, je n’étais pas sûr [de l’idée] d’inventer des mots ou de parler avec une naïveté à la limite qui est grave, comme dans [la chanson] Wéke n’Béke, où le message est un peu con en soi, même s’il cache quelque chose derrière. J’ai appris que de s’exprimer dans quelque chose qui peut être plus marginal, c’est une bonne chose.

Jérôme 50

Les Louanges : C’est drôle, parce que de l’extérieur, t’as l’impression que c’est toujours les Grammy! Une fois que t’es dedans, tu réalises que tout ça reste à échelle humaine. Il n’y a rien d’inatteignable, il n’y a rien d’impossible.

Lou-Adriane Cassidy : Que la vie de tournée, c’est quelque chose de moins magique qu’on pensait. Finalement, il y a quelque chose d’un peu routinier, presque au même titre qu’une autre job. C’est vraiment le fun, mais ça implique plus d’attente qu’on pense.

Sarahmée : Ça ne sert à rien de pousser, de pousser et d’aller trop vite. Même si on a de grands rêves, d’espoirs et de choses qu’on veut réaliser, il y a un moment pour tout. Ça fait partie du parcours de parfois se faire dire non. Mais quand c’est notre moment, il faut regarder derrière et voir qu’il y a une évolution.

Quebec  - Programmation de la Fete nationale -   Sarahmee - 06/06/2019 - le 06 juin 2019 - Photo Le Soleil  Erick Labbe

Animé par Pierre Lapointe, le premier gala de l’ADISQ sera diffusé le 23 octobre à Télé-Québec. Louis-José Houde reprend la barre du gala du dimanche présenté le 27 octobre à ICI Radio-Canada Télé.

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LES FORCES EN PRÉSENCE

Alexandra Stréliski

Pianiste, compositrice et nouvelle sensation du néo-classique, elle a vu son album Inscape recevoir une certification or et est écoutée par plus d’un million de personnes chaque mois sur la plateforme Spotify. Elle est nommée dans sept catégories aux galas de l’ADISQ, fait rare pour un projet instrumental. Elle se produira à L’Anglicane le 23 novembre.

Jérôme 50

Natif de L’Ancienne-Lorette, il est en lice dans deux catégories aux galas de l’ADISQ pour son album La hiérarchill. Dans un style chansonnier éclaté, il expose une philosophie qui va de l’amour du Québec à l’éloge du cannabis à la description d’une nouvelle révolution tranquille. Il a aussi revisité à sa manière le répertoire de chansons de camp de vacances. Il se produira à l’Impérial le 22 novembre.

Les Louanges

Avec son album La nuit est une panthère, qui métisse les genres en empruntant à la pop, au jazz et au hip-hop, le Lévisien d’origine a cumulé les honneurs cette année. Il a récemment fait paraître le minialbum Expansion Pack. Il trône au sommet du tableau des nominations de l’ADISQ avec neuf mentions. Il se produira à l’Impérial le 23 novembre (complet) et le 28 février 2020. 

Lou-Adriane Cassidy

Fille de musicienne, cette native de Québec puise autant dans la chanson française que dans des influences pop ou rock. Elle a fait paraître un premier album, C’est la fin du monde à tous les jours, qui lui vaut deux nominations à l’ADISQ. Elle se produira à L’Anglicane le 1er novembre. 

Sarahmée

Rappeuse active depuis 2009, elle cultive des textes affirmés sur un son alliant des influences hip-hop, pop et afro. Avec deux minialbums et deux albums complets au compteur, celle qui est aussi mannequin a retenu l’attention de l’ADISQ pour son récent Irréversible, paru au printemps.