Le clou du concert que Marlène Desbiens-Tachoir présentera avec son mari Jerry Tachoir est la pièce «Reflections for vibraphone and piano», qu’elle a elle-même composée.

Festival de jazz: retour aux sources pour Marlène Desbiens-Tachoir

Née dans une famille de musiciens du Saguenay et installée à Nashville depuis 1980, Marlène Desbiens-Tachoir trépigne à l’idée de se produire en concert dans la capitale, avec son mari Jerry Tachoir, à l’occasion du Festival international de jazz. «On avait joué à Chicoutimi il y a quelques années, mais à Québec, ça doit bien faire 20 ans. C’est très excitant, on a hâte.»

Jointe par Le Soleil dans la capitale du Tennessee, la pianiste parle avec enthousiasme du spectacle en duo qu’elle présentera le 10 octobre, à la Faculté de musique de l’Université Laval (entrée libre). La pièce de résistance de la soirée est un mouvement en trois temps, d’une vingtaine de minutes, Reflections for vibraphone and piano, qu’elle a elle-même composé.

Une pièce très émotive, dont la genèse remonte à «une période difficile» que traversait son pays d’adoption, indique-t-elle sans jamais nommer le nom d’un certain président à l’origine de ce désarroi. «Beaucoup d’artistes sont influencés par ce qui se passe présentement. Je le suis aussi, mais j’ai été capable de sortir cette frustration en écrivant cette pièce qui a définitivement quelque chose de différent de ce que j’écris d’habitude.

«Je dirais que c’est plus classique que jazz, poursuit-elle. Dans chaque mouvement, il y a deux parties improvisées. C’est une pièce très spéciale, dont le dernier mouvement, que j’ai baptisé Hopefull, donne beaucoup d’espoir pour le futur.»

Son compagnon à la scène et à la ville, Jerry Tachoir, originaire de Pittsburgh, est un spécialiste mondial du vibraphone, un instrument «très intrigant» et peu connu. «Il faut que les gens viennent le voir jouer. Il est extraordinaire.»

Au Saguenay

Marlène Desbiens-Tachoir a grandi dans la musique, avec ses cinq sœurs. À 13 ans, elle accompagnait son père, Ivonick Desbiens, dans son orchestre de swing, à La Baie. «J’étudiais en même temps au Conservatoire de Chicoutimi, alors j’ai pu me familiariser à la fois avec le classique et l’improvisation.»

La musicienne, grande admiratrice des Chick Korea, Pat Metheny et Oscar Peterson, adore la vie à Nashville, un endroit «avec un bon feeling musical», où se côtoient «tous les genres de musique». Avec son conjoint, elle se produit dans quelques salles de la ville et des environs. «C’est facile de travailler avec lui. On s’adonne bien.»

Nostalgique de son ancien coin de pays? «Je m’ennuie du Québec, mais pas de la neige, même si, à Nashville, on en a un peu, à l’occasion, mais pas beaucoup…»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Quoi: Festival international de jazz de Québec

• Quand: du 10 au 20 octobre

• Où: Théâtre Petit Champlain, Maison de la chanson, Hôtel Clarendon et Université Laval

• Billets: en vente à la porte ou en ligne

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TROIS CONCERTS À VOIR AU FESTIVAL DE JAZZ

• Wray Downes (19 octobre, 20h, Hôtel Clarendon)

Figure importante de l’histoire du jazz canadien, le pianiste torontois de 87 ans, maintenant installé à Montréal, a étudié avec des grands noms, tels Dizzy Gillespie, en plus d’avoir côtoyé Sidney Bechet. Il sera accompagné sur scène par Adrian Vedady à la contrebasse et Jim Doxas à la batterie. 

• Gentiane Michaud-Gagnon (14 octobre, 20h, Théâtre Petit Champlain)

Sacrée révélation Jazz Radio-Canada cette année, Gentiane Michaud-Gagnon, alias Gentiane MG, a lancé son premier album l’an dernier, en compagnie de ses collaborateurs Levi Dover (contrebasse) et Louis-Vincent Hamel (batterie). Keith Jarrett compte parmi les musiciens qui ont influencé le travail de l’ex-étudiante du Conservatoire de musique de Saguenay. 

Un homme, une femme et un saxo – Un hommage à Marcel Barbeau (20 octobre, 20h, Musée national des beaux-arts du Québec)

Un «voyage musical libre» dans l’univers du fondateur des Automatistes, Marcel Barbeau, avec le saxophoniste, compositeur et arrangeur Jean-Pierre Zanella, le pianiste Wray Downes, ainsi que l’écrivaine et cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette qui présentera le mot d’introduction. «Une rencontre intuitive, à l’image de Barbeau, où les mots et les notes virevoltent d’authenticité et de liberté», indique-t-on.