Didier Samson

Festevil: des femmes qui chantent et qui crient

Qui a dit que la musique de genre métal ne pouvait pas être jouée ou chantée par les femmes? Certainement pas Didier Samson, avocat criminaliste de profession et «métalleux».

L’an dernier, Didier et sa bande, le groupe The Flaying, ont lancé un nouvel album Angry, Undead; leurs pièces leur auront valu le prix GAMIQ de l’album métal de l’année. L’idée d’un avocat dans un band métal avait aussi beaucoup fait tourner les têtes.

«Il y a eu un phénomène d’entraînement sur le band, sur l’album. Dans le mois (novembre) où on a gagné, je pensais déjà au projet du FestEvil dans ma tête. Sur la scène métal, il y a souvent un clash quand tu vas voir des shows, quand il y a un groupe où une femme chante, ça devient plus compliqué», lance Didier.

L’idée du métalleux? Organiser un spectacle où sept orchestres avec une femme au micro montent sur scène. Elles chantent, mais elles crient aussi.

«Il manque quelque chose et il faut le faire. Les cartes sont souvent organisées pour que dans le death métal, plus ça bûche, plus c’est vite, plus c’est brutal, plus c’est bon. Et à un certain moment, les femmes n’étaient pas prises au sérieux là-dedans.» 

Mélange de sensibilité et de brutalité

L’avocat adore le son de la femme dans la musique, et de la musique, il en consomme une tonne, il s’y connaît.

«Les femmes, moi, je les vois partout. Ce sont des muses, selon moi. La femme est bienveillante, mais est capable de grande méchanceté et de bien d’autres choses. Dans la musique, elle est capable d’aller chercher une touche de sensibilité avec la brutalité, ce que l’homme ne fera pas.»

Le FestEvil se tiendra le 6 mars au D’Auteuil, avec Your Last Wish, Valfreya, Sanguine Glacialis, Merkabah, Uriel, Within Embers et Fall Of Stasis. Le spectacle se passe deux jours avant la Journée internationale des femmes. Un coup de marketing? Oui, peut-être, Didier Samson l’assume.

«Dans le FestEvil, les hommes et les femmes cohabitent, mais l’accent est mis sur la femme. J’ai choisi délibérément de le faire cette date-là, on peut dire que c’est vendeur, opportuniste, c’est bien correct. Chaque année, les médias traitent cette journée avec la pensée commune sociale qu’il faut se rappeler les tragédies et les femmes qui l’ont eu difficile. Ce n’est jamais de souligner ces femmes qui font du positif maintenant», exprime-t-il. 

Et il vous le dira deux fois plutôt qu’une, Didier Samson a énormément de respect et d’empathie pour toutes ces femmes qui ont tracé le chemin pour les autres après elles. «Mais si je peux ouvrir une porte et dire qu’il se passe de quoi maintenant et pas juste ramener ce qui est arrivé dans le passé, tant mieux. C’est comme un doigt d’honneur à tout ce défaitisme, ce pessimiste social.» 

Bon départ

Le projet de Didier sert aussi de véhiculeur de message pour les jeunes filles qui préfèrent se tatouer et crier au lieu d’écouter de la musique pop, en plus d’offrir une vitrine intéressante à ces groupes menés par la voix d’une femme.

«C’est le phénomène rassembleur que je voulais provoquer. J’aime créer des choses différentes et aller sur des sentiers peu empruntés. Je suis un homme et je crée quelque chose qui met l’attention sur la femme, j’ai le droit. Le concert est une expérience que tu n’aurais pas si tu avais juste des bands de gars. Il faut le vivre et il faut l’entendre.»

L’idée de l’avocat a été très bien reçue dans l’univers métal québécois, on a salué l’initiative et les billets se vendent bien. Didier juge qu’il a une belle affiche et que son approche promotionnelle a bien fonctionné. Il encourage les curieux à venir tendre l’oreille…

«La femme amène quelque chose au son. Elles ont une facilité à s’exprimer et à aller dans des sujets plus profonds. Si elles désirent revendiquer leur place dans le métal, je suis ben content que ça puisse servir à ça. Pour moi, c’est une vitrine d’exposition d’un spectacle de grande qualité avec beaucoup de talent», exprime le musicien. 

Celui qui se dit «ambassadeur du métal à Québec» assure la tenue d’un spectacle de haut professionnalisme.

«Dans certains cas, une femme qui crie, c’est beaucoup plus épeurant qu’un homme. Certains pourraient être surpris, il y a un côté aigu et malsain qui transporte. C’est pour les amateurs, une niche spécifique qui tripe sur ce genre-là.»

Dans un monde idéal, ce ne sera pas la première et dernière édition du FestEvil, il aimerait ramener l’évènement autant de fois qu’il le pourra.

«Je veux en faire un phénomène pour braquer la caméra là-dessus. On est rendus là.»

C’est bien parti: Didier Samson sera à Tout le monde en parle dimanche, en compagnie de Corinne Cardinal et Maude Théberge.

Les billets sont en vente sur lepointdevente.com ou à la billetterie du D’Auteuil.