Le claviériste trifluvien Guillaume Marchand a vécu depuis la scène l’émotion du dernier spectacle de Céline Dion à Las Vegas dans le cadre de sa résidence.

Faire partie de l’histoire avec Céline

TROIS-RIVIÈRES — Samedi soir sur la scène du Colosseum à Las Vegas, le Trifluvien d’origine Guillaume Marchand a vécu l’histoire. Il était à quelques pas derrière Céline Dion pour le tout dernier spectacle de sa résidence de seize ans au Caesar’s Palace.

De retour à sa maison de Montréal lundi, seule sa voix un peu éteinte au bout du fil laissait transparaître la fatigue. Par moment, il était encore sans mot pour décrire ce moment qui restera marquant dans l’histoire de la ville du péché. «C’est sûr que c’était très spécial d’être là pour fermer cette grande boucle. Tout le monde était conscient qu’on vivait un moment unique.»

«Ça n’avait rien à voir avec les autres spectacles qu’on a fait. Toutes les représentations qu’on a données devant plus de 4000 personnes ont été intenses mais ce spectacle-là, c’était complètement autre chose. Les spectateurs sont restés debout pendant tout le spectacle: il y avait une énergie qu’on n’avait jamais connue. Il y avait beaucoup de fans de la première heure qui tenaient à vivre ce moment unique et qui se sont jetés sur les billets dès qu’ils ont été mis en vente. Ils étaient conscient de l’ampleur du moment. Une résidence de 16 ans comme Céline l’a fait, sans doute qu’on ne reverra jamais ça.»

Il s’agissait d’un événement musical, certes, mais il faut bien situer les choses dans leur contexte: Céline Dion fait partie du quotidien des gens de Las Vegas. «Pendant toute la dernière semaine, partout où on allait à Vegas, les gens nous en parlaient. Elle a été une attraction majeure pendant toutes ces années. Quatre spectacles par semaine devant plus de 4000 personnes, c’est tout un apport dans l’économie de la région.»

Le claviériste a passé les deux dernières années derrière Céline sur cette scène du Colosseum pour quelque chose comme 75 représentations de son immense spectacle. «C’est sûr que ce dernier spectacle m’a ému mais je regardais certains des musiciens du groupe à côté de moi, des gens qui sont là depuis le tout début: pour eux, c’était tout un pan de vie qui arrivait à son terme. Dans mon cas, je vais continuer avec Céline pour la grande tournée qui débute à l’automne mais je voyais les techniciens, les placiers et de nombreux employés de la salle pour qui c’était vraiment la fin et il y en avait plusieurs qui pleuraient.»

Pour ce qui est de l’ambiance dans laquelle a baigné l’ultime spectacle, Marchand peine à la décrire. «Les gens ont donné tellement d’énergie à Céline pendant le spectacle, je serais incapable de trouver les mots pour dire ce qu’on ressentait. C’était incroyable! Nous étions tous conscients de vivre quelque chose d’unique. Musicalement, aussi, c’était vraiment hot. Que tu le veuilles ou pas, l’énergie te rentre dedans et on savait tous intimement que c’était une dernière. Ceux d’entre nous qui avaient des solos, on savait qu’on ne les referait plus jamais.»

À seulement 36 ans, Marchand est pleinement conscient qu’il ne revivra jamais quelque chose de semblable au cours de sa carrière. «Il va y avoir d’autres belles aventures avec Céline sans doute mais ça, c’était un moment historique. Céline, elle, a été absolument impeccable: elle m’a même étonné. Elle aurait pu craquer mais elle est demeurée parfaitement maîtresse d’elle-même malgré l’émotion. Quel professionnalisme! Elle m’a encore énormément impressionné. Elle a gardé le focus jusqu’à la fin. C’est seulement quand ses enfants sont venus sur scène lui porter des fleurs qu’on a senti l’émotion prendre le dessus.»

De cette aventure exceptionnelle, Guillaume Marchand ne conserve que de bons souvenirs. «L’équipe de Céline, c’est vraiment une famille. Ce sont tous des gens exceptionnels mais il n’y a aucun ego, tout le monde était super gentil et totalement dévoué à la réussite du spectacle. J’ai adoré l’expérience. La seule chose qui a été difficile pour moi, ç’a été d’être éloigné de ma famille (il a deux enfants âgés de huit et six ans) pour de longues périodes.»

«Quand j’étais tout jeune musicien, je rêvais simplement d’arriver un jour à gagner ma vie à faire de la musique. Je me suis retrouvé à jouer avec la plus grande star du monde de la musique dans le cadre d’un des plus gros spectacles sur la planète dans des conditions idéales. En plus, Céline est présentement au sommet de sa carrière tant par sa popularité que pour la qualité de son travail sur scène. Franchement, pour moi, c’est un peu surréaliste.»

Pour le moment, Guillaume Marchand s’apprête à vivre une autre expérience complètement nouvelle: prendre un été complet de vacances en famille. «C’est fou, mais je n’ai jamais fait ça parce que comme musicien, avec les festivals de musique au Québec pendant l’été, c’est la période où j’ai toujours travaillé le plus. Présentement, je suis fébrile à la seule pensée que je vais passer l’été avec ma famille sur le bord de la piscine!»

Les vacances ne seront interrompues que par un voyage, le temps d’un concert au British Summer Time à Hyde Park, le 5 juillet. «On va faire un aller-retour le temps d’un seul concert à Londres. Après ça, on va repartir en tournée à la mi-septembre en commençant par Montréal et Québec avant de faire l’ensemble des États-Unis.»