Post Rock. Mechanics of Dominion, de Esmerine

Esmerine: toujours inspiré ****

Sortir un bon album? Bien des artistes y parviennent. Se dépasser au fil des parutions? C’est moins facile. Or visiblement, l’inspiration ne fait pas défaut à Esmerine.

Sur ce superbe Mechanics of Dominion, la troupe montréalaise cofondée par la violoncelliste Beckie Foon (Thee Silver Mt. Zion) et le percussionniste Bruce Cawdron (Godspeed You! Black Emperor) y va d’une proposition riche au plan orchestral, ajoutant cuivres, guitares, orgue ou voix aux instruments des leaders. Si les textures sonores peuvent être riches, Esmerine opte souvent pour la retenue, la nuance et la subtilité afin d’évoquer la planète, sa beauté, sa fragilité et ce qui la menace. Chez d’autres, ce minimalisme aurait pu être un obstacle pour toucher ou accrocher l’auditeur, mais Esmerine a le don de viser juste, avec des mélodies sensibles ou mélancoliques, un contenu subtil et une exécution impeccable. Çà et là, Esmerine largue des bombes, comme la pièce-titre, qui détonne par sa complexité et sa fureur. Un autre pas en avant pour le groupe.