FouKi a lancé vendredi ZayZay, un deuxième album en un peu plus d’un an.

En orbite avec FouKi

La carrière de FouKi a été propulsée dans les hautes sphères depuis deux ans : près de 130 000 fans l’écoutent chaque mois sur la plateforme Spotify, où son succès «Gayé» approche dangereusement les 3 millions de clics. Battant le fer pendant qu’il est chaud, le jeune rappeur a renoué avec le producteur QuietMike pour lancer «ZayZay», un deuxième album en un peu plus d’un an. Discussion avec un artiste aussi cool que prolifique, dont la musique a résonné jusque dans l’espace.

Q Dans quel contexte ce nouvel album a-t-il été créé?

R Ça s’est fait tout au long de la tournée, quand on était en Europe, même quand j’étais en vacances. J’aime jouer avec les mots, même si ce n’est pas pour écrire un verse. Juste de faire un jeu de mots ou une joke, c’est toujours quelque chose que j’aime faire. Après, écrire des verses, ça se fait un peu tout seul. Dès qu’on est en voiture, QuietMike va partir un beat et je vais écrire des bars là-dessus. Il y a eu beaucoup plus de chansons que ça qui se sont écrites dans le processus… Même si 18 chansons sur l’album, c’est quand même pas mal.

Q Comment décrirais-tu la dernière année et l’ascension fulgurante que tu as vécues?

R Ça s’est fait vraiment du jour au lendemain. C’est quelque chose d’incroyable. C’est sûr que ça change une vie. Mais plus en bien qu’en mal.

Q Tu vis bien avec cette nouvelle célébrité?

R Je ne suis pas un gars de bar, je ne suis pas un gars de party. Je préfère chiller tranquille avec mes amis, aller jouer au basket au parc et fumer des bats. C’est plus mon genre. C’est vraiment en tournée que je le vois et que je le vis à fond. Quand je fais des shows devant 10 000 personnes et que le monde crie les paroles, tabarouette! C’est le fun, c’est beaucoup d’adrénaline.

Q Sachant qu’il y a davantage d’oreilles qui t’écoutent, as-tu ressenti de la pression en préparant l’album?

R Non, je dirais que ç’a juste donné plus de puissance à mon inspiration. Ça m’a donné un boost, ç’a mis plus d’essence dans mon char! Je n’ai pas ressenti de stress. C’était aussi une question d’amélioration. On écoutait les chansons et on trouvait ça vraiment meilleur que ce qu’on a fait par le passé.

Q Quelle est l’importance du message dans ton écriture?

R C’est sûr qu’il peut y avoir des chansons super humoristiques où on n’a pas besoin d’avoir un message en tant que tel. Je pense que c’est important, mais ce n’est pas essentiel. Ça fait du bien d’écouter quelque chose de léger où il n’y a pas une morale à la fin. Mais dans une chanson comme Positif, le message est là. Ça parle vraiment de positivisme. Ça fait du bien, surtout au Québec où il fait frette longtemps dans l’année. C’est facile de tomber dans le négatif.

Q Et qu’en est-il de Papillon, où tu reviens sur ton parcours scolaire difficile?

R Ça passe du négatif au positif dans les verses. Mais le positivisme, je pense que c’est vraiment le plus important pour l’avenir de la société. C’est sûr que ce n’est pas des monsieurs et des madames qui vont se reconnaître dans Papillon parce que ça fait longtemps qu’ils ont passé leur secondaire. Même moi, je ne pense pas faire d’autres chansons qui parlent d’école. C’est un dernier trait sur ça et je pense que beaucoup d’ados vont se reconnaître là-dedans.

Q Dans un tout autre registre, qu’est-ce qui a inspiré l’hommage au «spaghetti pain à l’ail» de S.P.A.L.A. que tu fais avec Vendou?

R C’est un délire! On était en tournée et on a vu un Normandin. On capotait, on n’avait pas vu de restos depuis un bout. On s’est mis à crier : «Spaghetti, pain à l’ail»! Notre manager ne voulait pas s’arrêter là, mais nous, on voulait! Finalement, le Normandin était fermé.

Q Comment ça se passe pour toi en Europe?

R C’est vraiment comme à mes débuts dans le rap. Au Québec, je fais des shows devant des foules de gens qui crient mes paroles. En Europe, ça bouge un peu moins, ils me connaissent moins. C’est vraiment du défrichage. Mais c’est un bon départ, un bon début. Et on a de bons contacts, surtout.

Q Koriass te décrit comme son «fils spirituel». Acceptes-tu le titre?

R Ouais! Quand j’ai commencé à rapper, à 14 ou 15 ans, j’écoutais beaucoup de rap français. Je rappais à la française. Après, il y a eu Koriass, Alaclair Ensemble, Dead Obies… Mais Koriass est vraiment l’un des gars que j’ai le plus écoutés dans mon adolescence. Il aime beaucoup ce que je fais. Il n’y a pas de compétition. Il voit ça un peu comme un accomplissement. C’est comme si moi, dans 10 ans, je tombais sur un gars dont la musique marche bien et qui a beaucoup écouté ma musique. C’est cool.

Q Ça fait quoi de savoir que l’astronaute David Saint-Jacques a fait jouer l’une de tes chansons dans l’espace?

R C’est flyé! C’est fou! En plus, il y a une chanson qui va sortir avec Eman et Souldia et c’est une chanson spatiale… Par hasard, on a l’a faite avant d’entendre parler de ça.

FouKi offrira un spectacle de lancement le 17 mai à l’Impérial de Québec. Sa tournée des festivals estivaux l’amènera notamment à Petite-Vallée le 30 juin et au Festif de Baie-Saint-Paul le 19 juillet.