Émile Bilodeau espère plancher sur de nouvelles compositions alors qu’il passera la prochaine année sur la route.

Émile Bilodeau: parler à sa génération

Émile Bilodeau a terminé la dernière année en chantant J’en ai plein mon cass au spécial du jour de l’An d’Infoman… Le clin d’œil à sa populaire chanson a résonné de chouette manière, mais n’aurait pu être plus éloigné de son état d’esprit. Difficile de le nier, 2017 a au contraire plutôt souri au jeune auteur-compositeur-interprète.

«Ç’a été une belle année avec de belles rencontres, résume le principal intéressé. Je pense que c’est de là que tout part. Pour qu’il y ait un axe de continuité, il faut vraiment bien s’entourer et il faut avoir du plaisir à faire ce qu’on fait. C’est ce que je retrouve avec mes musiciens et dans mon équipe.»

Depuis le lancement de son album, Rites de passage, fin 2016, Émile Bilodeau n’a pas trop pris le temps d’arrêter. Il n’ira pas s’en plaindre, c’était son objectif premier lorsqu’il a quitté le collège sans diplôme pour se consacrer à des chansons justement bien ancrées dans sa réalité de cégépien. Pas de plan B, il a préféré plonger.

«Quand est venu le moment d’arrêter l’école pour faire de la musique, ç’a été assez facile, relate-t-il. J’étais dans une position où certaines personnes qui font ce métier-là depuis longtemps rêveraient d’être. Il y avait un début de cégep et un début de carrière. Faut prendre conscience de la chance qu’on a et des possibilités qui s’offrent à nous. Je pense que la carrière avait bien commencé. Il fallait y aller à fond. Ça m’a permis de mettre tout mon temps et toute mon énergie dans l’album et mes spectacles.»

À 21 ans, Émile Bilodeau ne «regrette absolument rien» de son décrochage scolaire, une décision qui lui convenait et qu’il assume toujours. «Mais en même temps, mon frère, ma blonde, mes amis sont tous encore à l’école. Je ne suis pas pour leur dire d’y aller à moitié, nuance-t-il. C’est important d’être bien scolarisé pour s’ouvrir des portes. C’est un discours à préciser, mais je pense définitivement que la vie est assez longue pour donner une chance à nos rêves. C’est ce que j’ai fait et c’est ce que je compte bien mettre de l’avant. C’est d’essayer d’être heureux au jour le jour et de ne pas vivre avec des remords ou des regrets.»

«C’est subliminal»
Pour l’avoir vu sur scène deux fois dans la dernière année, il ne fait aucun doute qu’Émile Bilodeau parle à sa génération. Son public est jeune, enthousiaste et bien enclin à reprendre en chœur ses chansons personnelles, teintées de quelques touches engagées (il est un souverainiste déclaré). Le spectacle qu’il offrira ce samedi à l’Impérial de Québec affiche complet (une supplémentaire est prévue le 9 novembre). Idem pour plusieurs autres dates de sa tournée, qui fera prochainement escale à Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières, Lévis et Montmagny, notamment.

Autant d’occasions pour Émile Bilodeau de faire la fête, certes, mais aussi de propager un message. Le verbomoteur artiste parle de sa fierté de la langue et de son accent, qu’il a eu l’occasion de faire entendre au public français dans la dernière année. Il cite «le cadeau que Michel Tremblay nous a fait avec Les belles-sœurs», il se désole que trop peu de jeunes de 16 ans connaissent Gilles Vigneault. Et c’est un peu tout ça qu’il veut transmettre à ses fans.

«Les gens viennent pour les chansons, pour m’entendre dire des conneries et faire mon drôle. C’est vraiment un show avant tout. Mais pour moi, c’est subliminal. Entre les tounes, j’arrive à dire des choses qui, je pense, vont leur permettre un jour ou l’autre de comprendre l’importance d’avoir notre propre vocabulaire. C’est une chance de parler québécois», clame le musicien, qui nie vouloir convaincre lorsqu’il évoque ses convictions souverainistes en concert. «C’est juste pour exprimer cette idée qu’il y a encore du monde qui pense qu’on mérite de construire un pays et de faire les choses différemment», précise-t-il.

Des expériences
Pour Émile Bilodeau, la prochaine année se passera beaucoup sur la route, où il espère plancher sur de nouvelles compositions. «J’ai appris que Half Moon Run ont pas mal composé leur deuxième album en tournée. C’est ça que je pense faire», confirme le musicien, bien conscient qu’après une carte de visite baptisée Rites de passage, son public est en droit de l’attendre un peu ailleurs sur son deuxième album.

«J’avais eu cette discussion sur la suite des choses avec mon réalisateur, Philippe B, quand l’album a été fini, confie Bilodeau. Il m’avait dit que j’allais vivre bien des expériences et c’est pas mal ça qui est arrivé. J’ai beaucoup voyagé dans la dernière année. J’ai fait des spectacles en France et en Belgique, mais je suis aussi allé en Pologne et en Allemagne. Je pense que je comprends ce que Philippe B voulait dire, que ce soit pour les voyages ou dans l’idée de développer une relation de couple à long terme. Je pense que ça va donner des chansons qui sont moins sur le début des choses et plus sur la continuité.»