Le groupe Elephant Stone présentera jeudi soir au public de Québec son dernier album, <em>Hollow.</em> 

Elephant Stone: sitar psychédélique

Pour avoir grandi avec la musique des Beatles, Rishi Dihr a eu une révélation lorsqu’il a entendu pour la première fois l’album Revolver , avec un George Harrison interprétant «Love You To» au sitar après avoir appris à en jouer avec le maître Ravi Shankar. Dès lors, le jeune Montréalais a compris que cet instrument fétiche de la musique indienne l’habiterait le reste de ses jours.

«Les Beatles ont toujours été ma référence. Ç’a tout de suite fait du sens pour moi. Je me suis trouvé un professeur de sitar et j’ai commencé à suivre des cours. Tout de suite, je me suis senti plus près de ma culture d’origine. Le sitar m’a permis de l’apprécier davantage», explique-t-il en entrevue téléphonique au Soleil.

C’est après avoir quitté le groupe The High Dials, en 2009, que Dihr a fondé Elephant Stone, avec ses amis Jean-Gabriel Lambert (guitare) et Miles Dupire (batterie). Leur premier album, The Seven Seas, a contribué à forger le style musical de la formation, heureux mélange de musique indienne et de sonorités pop rock psychédélique des années 60.

Adolescent, Rishi Dihr ne croyait pas qu’un jour il en viendrait une telle passion pour le sitar. «Mes parents regardaient des films de Bollywood où il y avait beaucoup de musique. Quelque part, j’étais en réaction contre eux. Quand tu es jeune, tu cherches à te définir, à suivre ta propre voie. Avec mon frère, j’écoutais surtout Led Zeppelin, les Doors, les Beatles. Je me souviens de la première fois que j’ai entendu du Nirvana, wow!»

Après un tournée couronnée de succès en Europe l’automne dernier, Elephant Stone prendra la route des États-Unis jusqu’à la mi-mai pour une série de concerts, dont un arrêt au prestigieux festival South by Southwest.

Apprentissage spontané

Après avoir touché à la basse, l’apprentissage du sitar lui est venu spontanément. «Ce n’est pas un truc religieux, mais culturel. Quand je suis sur scène, je suis très respectueux de l’instrument. Le sitar me permet d’être plus expressif. Je ne pourrais pas faire la même chose à la basse. En spectacle, je me permets toujours d’improviser un long passage avec mon sitar.»

Pour Hollow, le sixième album du groupe lancé le 27 février, Rishi Dir a non seulement signé les textes des 12 pièces, mais l’a produit dans son studio, au sous-sol de sa résidence. «Je fais des disques depuis 20 ans, mais c’était la première fois où j’étais responsable de tout. J’ai beaucoup appris. Ç’a été un grand voyage.»

Reflets de notre époque d’éco-anxiété généralisée, les textes de Hollow traduisent son inquiétude face à l’état de la planète et à l’inaction devant la menace grandissante des changements climatiques. Pour lui, c’est maintenant qu’il faut changer les choses. «L’humanité n’apprend pas de ses erreurs», déplore-t-il.

Il se sent d’autant plus concerné qu’il voit ses trois jeunes enfants évoluer dans ce monde rempli d’incertitudes. C’est à travers eux qu’il a compris l’importance de s’impliquer dans la défense de l’environnement. À défaut de pouvoir en faire davantage, il leur a transmis sa passion pour son instrument de prédilection. «Ma fille et le plus vieux de mes fils, m’ont demandé de leur donner des leçons de sitar. Ma fille a l’oreille très musicale. Elle chante sur le dernier album.»

Après un tournée couronnée de succès en Europe l’automne dernier, Elephant Stone prendra la route des États-Unis jusqu’à la mi-mai pour une série de concerts, dont un arrêt au prestigieux festival South by Southwest.

Elephant Stone est en spectacle jeudi à 20h, au Maelstrom Saint-Roch.