Pour la quatrième fois, Donald Careau s’apprête à louer à ses frais une grande salle de Québec pour un spectacle de son cru.

Donald Careau: nouveau récital pour le «placier chantant»

Donald Careau n’est pas un nom connu du grand public. Son visage, peut-être un peu, du moins pour les habitués du Grand Théâtre. Le sexagénaire à moustache a été placier pendant 28 ans à cet endroit. Un emploi privilégié pour admirer les grands de la scène en rêvant qu’il était l’un d’eux.

«Donald Careau, c’était notre gentil Fantôme de l’opéra, celui qui rêvait de gloire, tapi dans l’ombre», écrivait l’ex-collègue Régis Tremblay dans Le Soleil, en mai 2003.

Ce rêve inabouti ne l’a jamais abandonné. À preuve, le «placier chantant» s’apprête pour la quatrième fois à louer, à ses frais, une grande salle de Québec pour un spectacle de son cru baptisé Toujours présent. La ténacité faite homme.

«Dans la vie, c’est pas compliqué, j’ai toujours payé pour chanter», glisse celui qui a loué le Grand Théâtre pour un récital, en 1994, en 2003 et en 2013. Cette fois, pour célébrer ses 65 ans, il s’offre le Palais Montcalm, trois fois plus tôt qu’une, les 27 octobre, 4 novembre et 9 décembre.

Donald Careau a toujours voulu faire carrière dans le show-business, mais le destin en a décidé autrement. «J’aurais tellement voulu. J’ai cogné à plusieurs portes. J’ai fait beaucoup de concours d’amateurs, des bars de second ordre aussi.»

Pour l’ex-fonctionnaire à la Société d’habitation du Québec, il n’y a pas de prix pour réaliser son rêve, même en dilettante. Au final, une fois les chiffres compilés, notre «star d’un soir» sera peut-être plus pauvre d’environ un millier de dollars, mais riche d’une autre expérience mémorable. Surtout qu’il ignore de ce que demain sera fait.

Séropositif depuis 34 ans, Donald Careau réussit à contrôler sa maladie grâce à la trithérapie, lui à qui la médecine donnait deux ans à vivre à l’époque. Son récital de juin 2013 avait d’ailleurs été fait au profit de MIELS-Québec.

Fan de chanson française, M. Careau montera sur les planches pour entonner, comme les autres fois, les plus beaux airs des Aznavour, Ferrat, Dalida, Lama, Piaf et autres, au total une vingtaine de chansons, accompagné d’une musique préenregistrée.

Jusqu’à maintenant, même si seulement une centaine de billets ont trouvé preneurs, Donald Careau n’en a cure. Son plaisir demeure intact. «J’en profite pour me gâter.»

Signe indéniable de sa volonté de faire plaisir à tout son monde, le chanteur a ajouté une «supplémentaire», le 9 décembre, qui se déroulera devant… deux spectateurs.

«Même s’il y avait eu personne, je l’aurais fait quand même. Dans la vie, je n’ai jamais eu d’attentes. C’est la même chose pour mes spectacles. Je n’ai pas d’attentes, alors je ne peux pas être déçu», conclut-il, philosophe.

Les billets sont en vente sur le site du Palais Montcalm, au coût de 23$.