Indie Pop-Expérimental, Dirty Projectors, album éponyme

Dirty Projectors: l'expérimentation à travers la rupture ****

CRITIQUE / Cinq années ont filé depuis le plus récent album des Dirty Projectors. Cinq années durant lesquelles le leader, David Longstreth, a été impliqué dans maints projets, mais où, aussi, il s'est séparé de son ancienne collègue et amoureuse, Amber Coffman.
Toujours avide d'une musique audacieuse, le New-Yorkais exploite donc la thématique de la rupture à travers les codes de la pop, du r'n'b et de la world (excellente Up In Hudson) avec d'occasionnels clins d'oeil au classique.
Tout ça est servi avec une forte dose d'expérimentation. Les traitements sonores sont omniprésents, en particulier du côté des voix, accélérées ou ralenties, mais également du côté de l'instrumentation.
Le résultat final est dense et, quoique le plaisir de l'écoute tend à être cérébral, on y trouve aussi des passages sensibles, comme la très belle Little Bubble. C'est qu'aux segments électroniques ou manipulés, Longstreth oppose efficacement les sonorités naturelles des cordes, du piano ou encore des cuivres.
Un album a priori exigeant, qui n'est peut-être pas pour n'importe quelles oreilles, mais qui, au final, est profondément satisfaisant.