JAZZ, Mother, Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo

Dialogue inspiré entre Terrasson et Belmondo ***1/2

CRITIQUE / Le pianiste Jacky Terrasson et le trompettiste Stéphane Belmondo ont décidé de faire équipe le temps d'un album tout en délicatesse et en émotions, consacré principalement à des reprises (You Don't Know What Love Is, Que reste-t-il de nos amours), mais comprenant aussi du matériel original.
Les deux hommes se connaissent de longue date et leur complicité est évidente, tout comme leur dévouement aux pièces.
D'entrée de jeu, avec la très belle livraison de First Song, de Charlie Haden, il est évident que personne ne tente ici d'en mettre plein la vue. C'est plutôt par la sensibilité, le choix judicieux des notes - les silences sont aussi significatifs que ce qui est joué - voire de petites touches d'humour, qu'on vient chercher l'auditeur.
D'autre part, les musiciens savent alterner envolées éthérées, rêveuses ou dynamiques, comme ils varient les plaisirs, bien sûr par l'entremise du matériel sélectionné, mais aussi sur le plan sonore - Terrasson manipule au besoin les cordes de son piano, Belmondo, lui, opte parfois pour le bugle ou pour la sourdine.