Katarina Dalayman et Jonas Kaufmann dans Parsifal au Metropolitan Opera de New York, en 2013. Le ténor a lancé un appel à l’aide pour l’art lyrique.
Katarina Dalayman et Jonas Kaufmann dans Parsifal au Metropolitan Opera de New York, en 2013. Le ténor a lancé un appel à l’aide pour l’art lyrique.

Des stars de l’opéra appellent au soutien de l’art lyrique

PARIS — Deux stars mondiales de l’opéra, Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier, ont exhorté lundi le public à soutenir cet art «fragile» face à la «catastrophe» des théâtres fermés en raison de la COVID-19, dans une pétition publiée lundi.

M. Kaufmann, considéré comme le plus grand ténor de sa génération, et M. Tézier, baryton français de renommée internationale, ont appelé le public à signer cette pétition sur change.org pour apporter son «appui fondamental au présent et à l’avenir du monde lyrique, et, au-delà, à toutes les professions du spectacle vivant, gravement menacées».

Lien vers la pétition

Ils l’ont prié d’exprimer son «adhésion à l’idée d’une société où le beau et la culture ne doivent pas disparaître et d’une Europe qui a le devoir de pérenniser le plus beau legs de sa propre civilisation: l’Art».

La pétition rappelle aussi que les multiples productions lyriques diffusées actuellement sur les télévisions et plateformes à titre gratuit «ne sont qu’un expédient face à l’ampleur de la catastrophe que représente l’annulation en série, sans compensation, de tous les contrats artistiques».


« L’art lyrique est consubstantiel à ces "planches" que deux millénaires n’ont pas usées, et la digitalisation actuelle, pour réconfortante qu’elle soit, n’est, malgré cela, qu’un succédané magnifique à une émotion fragile. Nous, artistes, sommes fragiles, l’opéra est fragile »
Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier

À travers le monde, maisons d’opéras, théâtres et salles de concert muselés par le coronavirus jusqu’à nouvel ordre et toujours dans le flou quant à la réouverture appellent les gouvernements et les publics à l’aide.

Alors que les subventions culturelles étaient déjà à la baisse depuis quelques années dans plusieurs pays européens, les scènes craignent davantage de coupes dans l’aide publique post-épidémie. À cela s’ajoute la question de savoir si en septembre, le public d’opéra et de théâtre sera au rendez-vous.

Aux États-Unis, où les aides publiques à la culture sont quasi-inexistantes, de nombreux théâtres et maisons d’opéra font face à une menace existentielle. La plus importante maison d’opéra américaine, le Metropolitan Opera, accuse à lui seul des pertes de l’ordre de 60 millions de dollars en raison des annulations.

Samedi, la maison a organisé un gala virtuel avec une quarantaine de chanteurs lyriques confinés à travers le monde, dont M. Kaufmann.