Des cadres noirs de l'industrie musicale appellent à l'action contre le racisme

LONDRES — Un collectif de dirigeants noirs de l'industrie musicale au Royaume-Uni a exhorté mercredi le secteur à agir immédiatement pour valoriser la culture noire «riche et variée» dont le secteur a «tiré profit» après la mort de George Floyd.

«Nous ne pouvons pas continuer à tirer profit d'une communauté, tout en continuant à ignorer les problèmes auxquels elle fait face, des problèmes qui touchent beaucoup trop de nos artistes d'une manière ou d'une autre», ont déclaré des cadres de grandes entreprises comme Warner, Sony, Universal, Live Nation et Spotify.

Dans une lettre adressée aux dirigeants de cette industrie, ces grands noms ont par exemple demandé que le terme «musique urbaine» soit remplacé par «musique noire», après la prise de conscience massive du racisme générée par la mort de George Floyd, un Afro-américain asphyxié à Minneapolis sous le genou d'un policier américain blanc.

Ces cadres ont aussi réclamé que les salariés bénéficient d'une formation face aux «préjugés inconscients» qui peuvent freiner les carrières de leurs homologues noirs, estimant que le secteur musical était «un microcosme» des injustices raciales présentes dans la société.

«L'industrie musicale a pendant des générations profité de la culture riche et variée des personnes noires, a estimé le groupe. Mais elle n'est dans l'ensemble pas parvenue à reconnaître le racisme structurel et systémique qui frappe cette communauté, appréciant le rythme mais négligeant son blues.»

«Le temps du changement est venu», a martelé le collectif, qui comprend aussi un regroupement de 500 gérants britanniques et des organisations luttant contre le racisme dans la musique, comme The Black Music Coalition et The Show Must Be Paused UK.

La lettre suggère en outre aux dirigeants du secteur de libérer des budgets pour soutenir financièrement des organisations noires, des projets éducatifs et des œuvres de bienfaisance.

La semaine dernière, les principaux labels de l'industrie musicale avaient déjà cessé leurs activités pendant une journée dans le cadre du mouvement Black out Tuesday, organisé en signe de solidarité avec les actions de protestation massives qui enflammaient les États-Unis après la mort de George Floyd.

L'organisation qui gère les Grammy Awards, les récompenses américaines de la musique, a d'ores et déjà annoncé mercredi plusieurs changements dans le nom des catégories primées, remplaçant notamment «musique urbaine contemporaine» par «R&B progressif».