«On est fucking contents d’être là. C’est un nouveau chapitre pour nous», a souligné le rappeur Joe Rocca alors que le party allait bon train.

Dead Obies: la force de frappe intacte

CRITIQUE / Certaines choses ont changé chez Dead Obies dans la dernière année, alors que le sextuor est devenu quintette. Mais une constante semble immuable chez la formation montréalaise : son inébranlable don pour soulever son public. La preuve en a une nouvelle fois été faite vendredi soir à l’Impérial.

«On est fucking contents d’être là. C’est un nouveau chapitre pour nous», a souligné le rappeur Joe Rocca alors que le party allait bon train. Avec un micro en moins (Yes Mccan a quitté le navire au printemps dernier pour poursuivre sa route en solo), les cinq membres restants de Dead Obies ont officiellement lancé ledit chapitre avec l’album DEAD. (leur meilleur à date), qui nous les ramène sur scène bien vivants et dans une forme dangereuse. 

Dans une dynamique de groupe renouvelée, les quatre rappeurs et chanteurs (la voix grave d’Ogee Rodman se démarque dans plusieurs refrains) et le producteur VNCE Carter misent davantage sur leur récent matériel avec cette nouvelle tournée, où les pièces de DEAD. sont interprétées dans leur intégralité. Plus mélodique que jamais, l’univers de Dead Obies y joue de contrastes qui se déploient habilement sur scène dans ce spectacle visuellement soigné, avec quatre colonnes servant de surfaces de projection, tout comme la console surélevée qui accueille le beatmaker.

Comme pour l’enregistrement de l’album, la bande a eu la bonne idée de s’adjoindre sur les planches les services de deux choristes féminines pour certaines de ses pièces plus groovy : la bombe Doo Wop, la sympathique 2gether (avec la chouette brochette de duos célèbres livrée par 20Some) ou la jolie Big Girl, venue calmer le jeu en douceur au terme d’une soirée survoltée. Dans d’autres registres, la rassembleuse High a été reprise en chœur par le parterre sautillant et la déchaînée André mitraillée par nos rappeurs bien réchauffés (Joe Rocca venait même d’abandonner le manteau de poil qu’il enduré plus longtemps qu’on aurait pensé!) n’a pas manqué son effet. 

Complétée par le rappeur Snail Kid, le désormais autoproclamé Big 5 ne s’est pas non plus gêné pour faire quelques clins d’œil au passé. Tirées du très conceptuel Gesamtkunstwerk, la bien nommée Explosif (lors de laquelle une spectatrice qui n’était visiblement plus toute là s’est improvisée danseuse sur scène) et Where They @ acclamée au rappel se sont assurées de faire suer le parterre (dans le sens sportif du terme!). Idem pour l’incontournable Tony Hawk, percutant extrait de Mont­réal $ud.

Bref, Dead Obies n’a rien perdu de sa force de frappe… Après une première partie franchement ordinaire assurée par Jeune Loup, ça faisait du bien de retrouver un groupe qui maîtrise les planches.