HIP-HOP, Gesamtkunstwerk, Dead Obies

Dead Obies: autant de mots, plus de mélodies ****

Le groupe Dead Obies a laissé une percutante carte de visite il y a un peu plus de deux ans avec Montréal $ud, un premier album complet à la trame narrative forte, porté par des textes denses où le français et l'anglais se côtoient et se marient.
Avec une réputation scénique qui n'est plus à faire, le sextuor - qui revendique l'étiquette post-rap - ajoute une brique à sa discographie en misant justement sur son expérience des planches.
Inspiré par l'essai La société du spectacle de Guy Debord et nommé en l'honneur d'un concept d'oeuvre d'art totale qui était cher à Richard Wagner, le nouvel album a été enregistré en grande partie sur scène. Et le résultat est probant.
Les rappeurs n'ont pas perdu leur habitude de beurrer épais dans les rimes (le torrent de mots linguistiquement métissé ne manque ni d'idées, ni de personnalité), mais tendent cette fois à leur public une perche nettement plus mélodique.
Les refrains sont présents, bonifiés ici et là de l'apport vocal de deux choristes féminines. Et l'emballage musical, toujours frais, se fait plus organique, plus groovy, plus chaleureux.