Rock, Endorphine, de Daran

Daran: mordre dans la morosité ***

CRITIQUE / Après l'intimiste Le monde perdu, paru il y a trois ans, Daran a rebranché son ampli pour mordre dans neuf chansons à caractère social, bien en phase avec une certaine morosité ambiante.
S'il retrouve son grand complice Pierre-Yves Lebert, qui signe la majorité des textes, le Québécois d'adoption a presque tout fait seul au moment d'enregistrer Endorphine, une galette qui ne croule pas sous le bien-être (même que le personnage de la chanson Je pars dit en somme le craindre puisqu'il mène à l'apathie).
Sur ce 10e album, les pièces composées et livrées de sensible manière par Daran se fondent les unes dans les autres, pratiquement sans interruption. Et elles se répondent, aussi, passant d'un texte sur les inégalités sociales à un autre (impressionniste Halima) trempé dans le terrorisme. Une pièce décochant des flèches envers l'individualisme et l'attitude «après moi le déluge» pave la voie à une autre évoquant le désarroi d'une communauté aux horizons bouchés par le chômage.
Même quand l'espoir se pointe (dans la mélodique Ici), disons qu'il ne brille pas trop fort.