Margaux Sauvé soigne autant la signature visuelle de Ghostly Kisses que l'aspect musical. Le choix du MNBAQ pour le lancement de son mini-album s'inscrit dans cette logique.

Dans l'univers éthéré de Ghostly Kisses

Ghostly Kisses, qui s'est taillé une place enviable sur Spotify avec ses millions d'écoutes, lance un premier mini-album. What You See témoigne du chemin que la chanteuse Margaux Sauvé a parcouru depuis deux ans et donne même une idée de la route qu'elle pourrait emprunter pour ses prochaines compositions.
«Au début, l'idée était de sortir une chanson à la fois, pour explorer différentes avenues, différents sons, explique l'artiste de 27 ans. Dès que j'avais une chanson, on la travaillait et on la sortait. Mais cette fois [avec What You See], j'avais envie de faire quelque chose qui était plus Ghostly dans son ensemble, comme un bilan.»
C'est en 2015 que la chanteuse et violoniste a commencé à travailler sur ce projet où son chant éthéré côtoie des cordes et une instrumentation électronique. Afin de donner forme à ses idées, Margaux s'est associée au réalisateur Dragos Chiriac (Men I Trust) et l'aventure n'a pas été longue à décoller et à séduire les oreilles sur la plateforme d'écoute en ligne Spotify. À elle seule, la pièce Such Words avoisine les 2 millions d'écoutes. Roses suit à près de 450 000 et Empty Note à presque 300 000.
«J'étais vraiment fan de la chanson Running To The Sea, de Susanne Sundfør avec Röyksopp, raconte la musicienne. C'est une voix un peu comme la mienne, mais avec des arrangements électroniques poussés à l'extrême, du techno, et c'est ce qui m'inspirait. Je voulais faire quelque chose dans ce genre-là.»
Retour à l'acoustique
La proposition de Ghostly Kisses, tour à tour aérienne, feutrée, mélancolique, enveloppante, a fait mouche. Or plutôt que de se confiner à une formule, l'artiste de Québec souhaite continuer d'évoluer. Ce n'est donc pas un hasard si ce mini-album porte le nom de la pièce What You See, où sa voix flotte au-dessus d'une musique défendue uniquement par une section de cordes. Margaux souhaite en effet exploiter davantage cette veine de sonorités plus naturelles, sans nécessairement tourner le dos à l'électro.
«Avec le temps, je découvre que ce qui fait la touche originale et l'une des forces de Ghostly, c'est un peu le côté sensibilité et la proximité de la voix. Il y a une émotion qui est transmise et quand on est trop dans l'électro, dans des arrangements un peu plus froids, je trouve qu'on perd le côté feeling
Bien que Ghostly Kisses est un projet qui s'est articulé très tôt de façon cohérente, affichant un caractère achevé, ce n'est, étonnamment, que sur le tard que Margaux Sauvé s'est mise à la création musicale. Elle avait, certes, étudié le violon et fait partie d'un groupe, Équinoxe, or ce n'est qu'au terme de son bac en psychologie qu'elle a senti l'appel de la création musicale.
«J'étudiais en psycho et j'étais tannée, se remémore-t-elle. Je savais que je n'allais pas continuer vers le doctorat et tout ça. J'ai eu un piano en appartement chez nous et c'est là que j'ai commencé ça. On dirait que j'étais tellement dans le rationnel et la psycho que tout ce que voulait mon cerveau, c'était d'aller faire de la musique et de créer quelque chose!»
Dimension visuelle
Parallèlement à la musique, Ghostly Kisses s'est développé une identité visuelle. Chaque sortie de chanson s'est doublée d'images, d'une esthétique en graphisme et de vidéoclips. Certes, c'est d'abord et avant tout par l'entremise de ses airs que Margaux Sauvé a joint son public, mais la signature visuelle n'est pas prise à la légère.
«C'est comme tout un petit monde qu'on crée autour. Et je crois que c'est ça que les gens aiment aussi. Quand ils écoutent quelque chose et voient le visuel après, ils ont une expérience plus complète. Faire des vidéos, c'est comme le bonus pour les auditeurs. Et avec des vidéo-clips, tu peux explorer différentes avenues aussi.»
Le choix du lieu de lancement du mini-album de Ghostly Kisses s'inscrit dans cette logique. Margaux a choisi de se produire au Musée national des Beaux-Arts, à l'Espace Nord, au troisième étage. Un lieu qui a une architecture particulière et quelque chose d'aérien, avec ses plafonds élevés. Mais un lieu, aussi, qui abrite d'autres formes d'arts que la musique. D'ailleurs, il n'y aura pas que Ghostly Kisses qui sera à l'oeuvre, pendant une quarantaine de minutes, en quatuor : la soirée laissera place à des artistes visuels, dont Esthera Preda, qui a été impliquée dans la pochette du EP.
Au lendemain de cette performance qui se fera le 7 avril, avec Gabriel Desjardins (claviers, pads, basse, voix), Antoine Angers (guitares, voix) et David Couture (batterie), Ghostly Kisses, qui s'est déjà produit au Québec, au Canada anglais et aux États-Unis, compte s'offrir une petite tournée, ainsi que des performances en festivals. Puis, lorsque viendra l'automne, un nouveau chapitre devrait commencer à s'écrire : un album complet, qui pourrait naître, en tout ou en partie, au-delà des frontières. 
«J'aimerais vraiment m'imprégner d'une ville comme Copenhague, Londres ou aller en Islande, rêvasse Margaux. Aller écrire un album ou plusieurs chansons en m'imprégnant d'un lieu que je ne connais pas à la base et en profiter pour faire des spectacles...»
Le mini-album What You See paraît officiellement le 24 mars. Sur iTunes, il vient accompagné de deux clips tournés au MNBAQ.
Vous voulez y aller?
Qui: Ghostly Kisses
Quand: 7 avril, à 21h30
Où: Musée national des Beaux-Arts du Québec
Billets (comprend le EP): 16,73$
Info: lepointdevente.com