Claude Dubois présentera samedi, à place George-V, un spectacle presque identique à celui qu’il trimballe à travers la province depuis trois ans. Attendez-vous à entendre ses plus grands succès.

Claude Dubois en totale liberté

Claude Dubois a beau faire partie des meubles du Festival d’été – il en est cette année à sa dixième participation – c’est toujours avec un bonheur renouvelé qu’il met les pieds dans la capitale. «Mes amours avec Québec sont gigantesques. Ç’a été mon spot. C’est la ville où j’ai passé une bonne partie de mon adolescence.»

Si le vétéran chanteur a oublié le nombre de fois où il s’est produit au FEQ, l’organisation de l’événement s’en souvient trop bien, à preuve le Prix Miroir de la renommée décerné il y a deux ans à celui dont la première participation remonte à 1980. Il se retrouvait en belle compagnie, la distinction ayant été remise par le passé aux Vigneault, Ferland, Aznavour et Bruel.

«Je suis très mauvais dans l’anthologie de Claude Dubois, glisse-t-il, un sourire dans la voix. Je ne suis pas ben ben carriériste et ramasseux de trophées, c’est pas tellement dans ma nature.»

C’est une version «passablement identique» de son spectacle Dubois en liberté, qu’il promène depuis trois ans un peu partout au Québec, que l’auteur-compositeur-interprète de 72 ans présentera aux festivaliers, le 6 juillet. Ce qui signifie que plusieurs de ses grands succès, au total une vingtaine, seront au rendez-vous, comme Le blues du businessman, J’ai souvenir encore, Femme de société, Comme un million de gens et, bien entendu, Si Dieu existe.

«Plus de 60 ans de carrière, ça finit par faire plusieurs chansons. Il y aurait de quoi pour faire une autre heure et demie.»

Aucun album en vue

S’il prend autant de plaisir à les interpréter et le public à les entendre, Claude Dubois ne voit pas tellement l’intérêt de travailler sur du nouveau matériel, lui qui compte 27 albums à sa musicographie. «Je ne m’interdis rien, mais je ne me force pas non plus. De toute façon, je ne crois plus tellement à la notion d’album, mais plutôt à une chanson, une œuvre. Écrire quelque chose d’allumé qui rejoindrait les gens, ça oui.»

Les sujets d’inspiration sont partout autour de nous, poursuit l’artiste au franc-parler, évoquant entre autres le «réveil de la jeunesse» face à l’état de la planète. Et la conversation de glisser dans la sphère politique, lui le fervent indépendantiste qu’il n’a jamais cessé d’être. «Que voulez-vous que je sois d’autre? J’ai grandi en me faisant dire speak white

Et n’allez surtout pas rétorquer que la souveraineté est un sujet passé de mode. «C’est lors d’un référendum volé, alors qu’on disait que la flamme souverainiste était éteinte que le Québec a failli faire son indépendance.»

Comme un rappeur

Trois ans ont passé depuis l’annonce choc, sur le plateau de Tout le monde en parle, d’un verdict de cancer de la moelle osseuse qui devait lui laisser… trois ans à vivre. Les séances de chimiothérapie et une bonne hygiène de vie ont repoussé l’échéance. «On m’a rajouté des années. Le mal qui a été fait reste, ça ne va pas se réparer. C’est un peu lourdaud. Je reste excessivement fragile aux infections. Je n’ai pas un surplus d’anticorps. Si quelqu’un qui a la grippe se jette sur moi, je peux passer un mois alité pour m’en remettre.»

D’où son refus de serrer des mains, simple question de prophylaxie. Ne vous en offusquez pas si vous le croiser. «Je dois avoir une certaine discipline. Je ne peux pas serrer la main à tout le monde, alors je tends le poing comme un rappeur. Ça donne un look un peu hip-hop, mais j’essaie juste de ne pas pogner de microbes. Mon médecin m’a dit : tu agis comme ça ou tu restes chez toi.»

Pour le reste, d’avoir à composer avec une maladie potentiellement mortelle, lui fait dorénavant voir la vie d’un autre œil. «Ça donne de la valeur aux choses. On a moins de temps à perdre.»

Claude Dubois sera en spectacle au Festival d’été le 6 juillet, à 21h20, à la scène de Place George-V.