Le chœur La Chapelle de Québec et les Violons du Roy, sous la direction attentionnée de Bernard Labadie, ont livré un splendide concert qui agissait comme un baume sur tous les tracas accumulés.

Cantates de Bach pour Noël: chants glorieux

CRITIQUE / En sortant du Palais Montcalm, les oreilles encore remplies des chants glorieux de La Chapelle, je me suis dit que Noël pouvait arriver. Quatre cantates de Bach célébrant avec des effusions à la fois délicates et grandioses Noël, le Nouvel An et l’Épiphanie, ça vous met le cœur en liesse, vous redonne espoir en l’humain et vous tire un peu vers le haut.

La Chapelle et les Violons, sous la direction attentionnée de Bernard Labadie, ont livré un splendide concert qui agissait comme un baume sur tous les tracas accumulés. Un appel aux réjouissances en quatre actes, porté par une verticalité intense et un travail des voix ouvragé, fin; de la véritable orfèvrerie. Lorsque toute les voix du chœur s’élèvent, un phénomène sublime se produit, les sons se fondent, s’enlacent, brillent. C’en est grisant.

Chaque cantate a été pensée par Johann Sebastian Bach pour être l’apothéose musicale d’une messe de jour de fête, d’un itinéraire spirituel dramatisé. Nous en livrer quatre d’un coup, c’est presque de la triche. 

Observer le plaisir jubilatoire que prenait Labadie à diriger les passages plus intenses, où le chœur et l’orchestre déployaient toute leur puissance, faisait automatiquement apparaître un sourire sur nos lèvres. Les moments de symbiose étaient grandioses, alors que les récitatifs et les aria permettaient aux solistes et à quelques musiciens de guider nos pensées vers des eaux plus calmes, d’une beauté plus solennelle. 

Trio lumineux

Le baryton allemand Detlef Roth a capté l’attention dès qu’il a ouvert la bouche. Appuyant avec agilité sur chacune des inflexions de sa langue maternelle, le chanteur fait preuve d’une expressivité hors du commun, qui nous fait détourner les yeux du livret pour se laisser simplement guider par sa voix. Sa présence énergique était contrebalancée par le charme de la voix claire et souple du ténor anglais Thomas Hobbs. La voix somptueuse de la mezzo-soprano irlandaise Paula Murrihy a été une découverte. Le trio, bien entouré, était lumineux.

Les instrumentistes ont eux aussi brillé. Pendant la cantate Herr Gott, dich loben wir, l’altiste Isaac Chalk a déployé toute la finesse de son jeu. Le violoncelliste Benoît Loiselle semblait toujours appuyer les passages aux orchestrations plus timides de coups d’archets mesurés et sûrs. Trompettes, hautbois, flûtes, cors, timbales et orgue contribuaient à la richesse musicale de la proposition. 

Ce programme sera à nouveau présenté jeudi à 20h au Palais Montcalm ainsi que le dimanche 17 décembre à la Maison symphonique, à Montréal.