Quiconque a déjà vu Ben Caplan sur scène ne doutera pas de son côté théâtral.

Ben Caplan, musicien sans frontières

Avec une feuille de route qui inclut à ce jour des concerts dans une trentaine de pays, l’auteur-compositeur-interprète Ben Caplan semble ne jamais tenir en place bien longtemps. S’il a posé ses valises pendant plusieurs semaines ce printemps, il n’a pas chômé pour autant, faisant des débuts remarqués off-Broadway dans une pièce qu’il a co-créée.

Pendant six semaines, Ben Caplan et ses complices ont présenté Old Stock: A Refugee Love Story dans la Grosse Pomme. Leur spectacle raconte dans un alliage de théâtre et de chanson l’arrivée au Canada, en 1908, des arrière-grands-parents de l’auteure Hannah Moscovitch. Et il n’est pas passé inaperçu, récoltant notamment le sceau «choix de la critique» du New York Times.

«Ç’a été une virée fantastique au succès inespéré», confirme Caplan, qui fait office de narrateur en plus d’interpréter ses chansons. «On a lancé cette pièce il y a un an. C’était une idée qu’on avait d’essayer d’amener le spectacle à New York. Ce n’est pas une chose facile à accomplir. On se disait que ça pourrait arriver dans quatre ou cinq ans. Finalement, ils nous ont vus au Festival Fringe d’Édimbourg et ils nous ont invités…» évoque l’Ontarien désormais installé à Halifax.

Double tournée
Quiconque a déjà vu Ben Caplan sur scène ne doutera pas de son côté théâtral. Il en a notamment donné un spectaculaire exemple au dernier Festival d’été, mettant instantanément dans sa poche le public de l’Impérial avec ses airs folk trempés dans le klezmer et ses interventions bien pimentées. Le musicien a saisi avec Old Stock… l’opportunité de renouer plus directement avec ses talents d’acteur.

«Je n’ai pas de formation formelle, mais j’ai pris des cours d’été quand j’étais plus jeune, à Hamilton, explique-t-il. Tout ça a influencé mon travail d’auteur-compositeur-interprète. Je m’étais éloigné du théâtre pour me consacrer à la musique. Je trouvais trop difficile de mener les deux projets de front. Je me considère vraiment privilégié d’avoir pu construire une pièce à partir de zéro.»

Old Stock… est née d’une collaboration entre Caplan, Moscovitch et le metteur en scène Christian Barry. Un projet d’abord davantage ancré dans une envie de travailler ensemble que dans un sujet particulier. La tristement célèbre photo du petit Aylan, réfugié syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie, leur a fourni un point de départ.

«Ça nous a donné envie de créer un spectacle qui parlerait de l’humanité des individus, résume Caplan. Il me semble que souvent, les gens sont réduits à des chiffres. Ils deviennent une masse dans une crise de migrants. Dans cette façon de voir les choses, on perd leur individualité, leurs espoirs, leurs rêves...»

Ben Caplan a pour les besoins du spectacle signé une douzaine de chansons qui paraîtront sur l’album Old Stock le 15 juin. Le public qui viendra le voir à L’Anti vendredi en entendront certaines, même si le chanteur à la voix tonitruante promet aussi de mettre de l’avant des titres de ses deux autres albums.

«J’ai voulu écrire des chansons qui pourraient vivre indépendamment de la pièce, précise-t-il. Et je voulais aussi que le public de la pièce puisse s’abandonner aux chansons. Je ne suis pas fan de ces comédies musicales un peu artificielles où soudainement, sans raison, les acteurs se tournent vers le public et commencent à chanter...»

Old Stock… est bien loin d’avoir terminé sa vie sur scène. La pièce attendue à Edmonton en mai, puis tournera au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Australie, à Hong Kong et en Californie avant de revenir au pays, à Vancouver, Toronto et Montréal. Si on ajoute les tournées de concerts de Caplan au Canada, aux États-Unis et en Europe, on se retrouve devant un artiste à l’horaire «solidement» chargé jusqu’en juin 2020. Mieux vaut donc l’attraper pendant qu’il est dans le coin!

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Qui: Ben Caplan

Quand: vendredi à 21h

Où: L’Anti

Billets: 21,59 $