Angela Cheng fera ses débuts au Domaine Forget, samedi, en compagnie des Violons du Roy et de Bernard Labadie.

Angela Cheng au Domaine Forget: conversation pour deux pianos

Angela Cheng a un triple premier rendez-vous samedi avec le Domaine Forget, Bernard Labadie et les Violons du Roy. La pianiste canadienne, Américaine d’adoption, jouera samedi dans un programme qui s’articule autour du «Concerto pour deux pianos» de Mozart.

La voix est posée et chaleureuse au bout du fil. Angela Cheng profite de quelques jours à la maison, à Cleveland en Ohio, pour reprendre son souffle avant un été qui la mènera un peu partout autour du globe. La pianiste a grandi à Edmonton avant de déposer ses pénates de l’autre côté de la frontière, où elle a épousé le pianiste américain Alvin Chow.

Est-ce un avantage ou un défi d’avoir deux pianistes dans le même ménage? «Je ne suis pas certaine que ça fonctionnerait pour tous les couples, mais ça fonctionne pour nous. Je pense que c’est peut-être parce qu’il a un jumeau identique qui joue aussi du piano. Donc toute sa vie, il a côtoyé quelqu’un qui joue le même instrument que lui, expose Mme Cheng. C’est un vrai prince, qui supporte tout ce que j’entreprends. Dans une carrière où beaucoup d’éléments dépendent de la chance, je trouve que je suis très choyée.»

La musicienne partage son temps entre l’enseignement et sa carrière d’interprète. Elle a aussi deux enfants, qui ont maintenant 21 et 23 ans, et qui n’ont pas hérité de la passion de leurs parents.

«Je n’ai pas réussi à les faire pratiquer, s’amuse Mme Cheng. Ils sont devenus scientifiques. Un en neuroscience et l’autre en chimie GOB. Je ne sais pas trop comment ces intérêts ont émergé avec deux parents pianistes!»

Elle-même s’est assise très jeune devant un piano. Son grand-père maternel, mélomane convaincu, avait décidé que tous ses enfants et petits-enfants devaient apprendre soit le piano, soit le violon. «Le piano m’a été assigné, en quelque sorte. C’était comme une évidence. J’ai commencé très jeune avec mes tantes et lorsque j’ai commencé à me demander ce que je voulais faire dans la vie, il était trop tard, j’étais déjà pianiste», raconte-t-elle. Elle considère que le hasard a bien fait, puisqu’elle maîtrise maintenant un instrument pour lequel le répertoire est très étendu et très complet. «Il y a en a trop pour une seule vie. Je ne pourrai jamais me rendre au bout.»

Deux Mozart

Au Domaine Forget samedi, elle jouera deux pièces de Mozart, dont le Concerto pour deux pianos qui, pour elle, frôle la perfection. «Tout est parfaitement équilibré. C’est rempli d’énergie, de brillance, de moments tendres. On dirait que les deux pianos conversent», indique-t-elle. Si la partition que jouera Benedetto Lupo est légèrement plus élaborée, avec davantage de variations, la conversation se construit à deux instruments, tout en incluant l’orchestre.

Angela Cheng jouera aussi un rondo. «C’est très beau, très lyrique et élégant. Il n’est pas joué très souvent parce que Mozart ne l’a pas terminé. La fin a été écrite par d’autres», indique la musicienne. L’ouvrage a été terminé par de bons élèves du grand compositeur, mais il manque, selon elle, son génie singulier. «Mais la pièce est magnifique et mérite vraiment d’être entendue.»

Le concert sera présenté le samedi 29 juin à 20h au Domaine Forget. Info : domaineforget.com