Sur son minialbum <em>Rough Side Out</em> récemment paru, Alan Doyle chante ici les hauts et les bas de la vie de tournée, là une rupture amoureuse trempée dans l’alcool. Et cela, sans perdre son sens de l’humour.
Sur son minialbum <em>Rough Side Out</em> récemment paru, Alan Doyle chante ici les hauts et les bas de la vie de tournée, là une rupture amoureuse trempée dans l’alcool. Et cela, sans perdre son sens de l’humour.

Alan Doyle : L'amour des racines... et de la fête

Visiblement, le virage country d’Alan Doyle lui sourit. Celui qu’on a longtemps connu au sein de la formation terre-neuvienne Great Big Sea a lancé récemment Rough Side Out, un minialbum chaleureusement accueilli sur les palmarès, sur lequel il partage le micro avec les vedettes Dean Brody et Jess Moskaluke.

Le sympathique chanteur s’apprêtait à reprendre la route au cœur d’une tournée canadienne qui devait l’amener d’un océan à l’autre. La pandémie de COVID-19 l’a bien sûr contraint de revoir ses plans.

«J’adore les concerts. Je vis pour les concerts […] Arriver à 20h le soir d’un spectacle représente le point culminant d’une journée de travail pour les uns, de semaines de planification pour d’autres, de mois et de mois de préparation et de gestion d’horaire pour d’autres. Les spectacles sont sacrés et nous avons fait tout ce nous pouvions pour les sauver», a expliqué l’auteur-compositeur-interprète sur sa page Facebook. Ses prestations à Montréal et à Ottawa ont été déplacées en juin, celle qui était prévue à L’Impérial de Québec le 5 avril ne pourra malheureusement pas être reprise. Dommage. Notre homme se faisait une joie de revenir chez nous.

«Il y a tellement une belle scène musicale au Québec. Les gens adorent sortir et écouter de la musique. La ville de Québec remporte la palme pour moi. Pendant que d’autres villes vont se battre avec des promoteurs de concerts ou des festivals à propos d’horaires ou d’où les camions vont pouvoir se stationner, Québec s’abandonne pendant deux semaines chaque été. C’est comme : personne ne vient ici à moins de participer au festival. J’adore ça», a observé le musicien, joint à Saint-Jean la semaine dernière, avant que le coronavirus ne vide toutes les salles de spectacles.

En duo

S’il n’exclut pas une réunion de sa formation Great Big Sea — «On n’a pas de plan concret pour le moment, mais ça serait fantastique», note-t-il —, Alan Doyle prend ces jours-ci son pied en solo… ou en duo. Lancé le mois dernier Rough Side Out lui permet de renouer avec son ami Dean Brody, en plus d’aller à la rencontre de Jess Moskaluke.

«Dean est un ami à moi depuis presque 10 ans, évoque-t-il. Il est responsable de notre première invitation à entrer sur la scène country canadienne. Great Big Sea avait collaboré avec lui en 2012 sur la chanson It’s Friday. Il nous avait demandé d’ajouter une teinte celtique terre-neuvienne à cette pièce. Ç’avait très bien fonctionné et j’ai retravaillé avec lui à quelques reprises au fil des ans.»

Quant à Jess Moskaluke, sa présence tient du véritable coup de cœur. «Pour moi, elle est tout simplement l’une des plus grandes chanteuses au pays en ce moment. J’ai toujours adoré sa voix. Quand est venue l’idée de faire un duo, j’ai tout de suite songé à elle. J’étais tellement content qu’elle accepte», se réjouit Alan Doyle, qui se décrit comme un grand amateur de duos.

«Je viens d’avoir 50 ans, confie-t-il. Je me souviens que quand j’étais jeune, les albums de duos étaient très populaires et mes parents en faisaient beaucoup jouer. C’était Kenny Rogers et Dolly Parton, c’était Kris Kristofferson et Rita Coolidge ou Johnny Cash et June Carter. Les albums les plus populaires étaient des duos. C’était toujours un gars et une fille qui chantaient ensemble. J’adore encore ça.»

L’influence Mellencamp

Autre clin d’œil à sa jeunesse, Alan Doyle revisite sur ce nouvel effort Paper in Fire de John Mellencamp. Pour lui, le détour allait de soi.

«L’album The Lonesome Jubilee est sorti quand j’avais environ 16 ans, relate-t-il. Ç’a été et ça demeure l’un des albums qui m’ont le plus influencé. Je suis né dans une petite ville de pêcheurs où la musique et les instruments folk étaient partout. Comme adolescent, j’adorais John Cougar Mellencamp. Il était une grande vedette rock. Quand The Lonesome Jubilee est sorti, j’ai été époustouflé. De voir cette grande vedette internationale que j’aimais proposer des chansons avec des instruments dont je savais jouer... J’avais le sentiment que cet album aurait pu être fait à Petty Harbour, là d’où je viens. Ça m’a vraiment ouvert les yeux à propos de ce qu’il est possible de faire en musique.»

Alan Doyle chante ici les hauts et les bas de la vie de tournée, là une rupture amoureuse trempée dans l’alcool. Mais il ne perd pas son sens de l’humour pour raconter une fin de soirée dans un débit de boisson où à peu près tout le monde implore le barman de ne pas sonner la cloche du dernier service. Fait vécu, jure-t-il. Et pas qu’une seule fois!

«Tu finis ton concert, tu ramasses tout en espérant trouver un bar ouvert pour prendre une bière après, détaille-t-il. Si tu y parviens, tu arrives souvent juste à temps pour le last call. Ça finit que tu vas passer des moments non négligeables à essayer de convaincre le barman de rester ouvert un peu plus longtemps. Vous vivez à Québec, où les bars sont ouverts tard. Ce n’est pas le cas dans la majorité des villes en Amérique du Nord. Saint-Jean, Québec et Montréal font un peu figure d’exception. Trouver un bar qui sera ouvert tard un mercredi soir à Vancouver est presque impossible...»