Adékoa, alias Jonathan Dionne, a lancé son premier album solo le printemps dernier, «Illusions», lequel est un véritable accomplissement pour celui qui caressait ce rêve depuis sa jeunesse.

Adékoa: adéquation avec soi-même

SHERBROOKE — Le nom peut faire penser à des origines autochtones. Ou alors africaines, ce qui ne serait pas si fou : Jonathan Dionne, alias Adékoa, s’inspire principalement de musiques noires, le rap et le reggae à l’avant-plan. Le rappeur a d’ailleurs découvert que ce nom existait vraiment sur le continent noir.

Mais il faut plutôt voir dans Adékoa une transcription phonétique de l’adjectif «adéquat». Adéquat comme lorsqu’on éprouve le sentiment d’être à sa place, une certitude que Jonathan Dionne a longtemps cherchée. Maintenant que son premier disque Illusions est sorti, sa confiance en lui-même s’est affermie.

«J’ai eu une adolescence plutôt délinquante. J’ai été influencé par les petits criminels du quartier. À l’époque, je m’étais donné un nom de rappeur un peu démoniaque, mais j’ai fini par être tanné d’avoir ce masque-là. Être adéquat, c’est chercher à bien faire les choses. Depuis que j’ai choisi ce nom-là, il n’a cessé de prendre du sens pour moi.»

C’est vers l’âge de 12 ans que le jeune Jonathan a signé ses premiers textes de rap, couchant sur papier sa révolte intérieure, réalisant lui-même ses propres petites maquettes. On pourrait penser qu’il a un jour eu une révélation lui faisant découvrir ce reggae qui teinte fortement sa musique aujourd’hui.

«Mais c’est le rap français qui m’a amené au reggae, mentionne-t-il, parce que les rappeurs français en utilisent beaucoup. Je trouvais ça hot, du rap mélorythmique, comme une petite difficulté de plus. La découverte de Bob Marley est venue après», précise celui qui porte aujourd’hui le même genre de tresses que le célèbre chanteur jamaïcain, et qui mêle aussi soul, blues, funk et jazz à ses chansons.

Dix ans de coups de cœur

La majorité des onze plages d’Illusions, Adékoa les a créées tout au long de sa vingtaine. «On pourrait dire que ce sont mes coups de cœur des dix dernières années, les pièces les plus personnelles, qui venaient souvent avec un propos dénonciateur, un peu malgré moi, résume le chanteur de 29 ans. Mais je voulais aussi parler d’autre chose que de moi. Une chanson comme Froide solitude est issue de l’envie de me mettre dans la peau d’un clochard», dit-il à propos du premier extrait du disque.

Quant à Mon heure, son duo avec le rappeur Delly, le clip a été croqué en partie aux chutes Burroughs d’Ayer’s Cliff. 

Pour Adékoa, dans un monde où la vérité est constamment manipulée par plusieurs acteurs, il revient à chacun de construire sa propre réalité selon sa perception, ses expériences et son vécu.

«Je me suis aperçu que la plupart des chansons parlaient d’illusion, notamment celle de l’amour. C’est pourquoi cette chanson est devenue le titre du disque.»

D’ailleurs, pour concrétiser son rêve, Jonathan Dionne révèle qu’il a dû se départir d’amitiés illusoires, plutôt toxiques en fait. «J’ai fini par différencier les personnes qui étaient vraiment là pour m’aider. J’ai réalisé l’album moi-même chez moi, j’ai fait aussi l’enregistrement et le mixage, en plus d’être auteur-compositeur-interprète. Aujourd’hui, je ressens un véritable sentiment d’accomplissement.» 

Bien armé

Même s’il caresse le rêve de vivre uniquement de la musique un jour, Adékoa est bien armé pour continuer d’évoluer dans le milieu, puisqu’il s’est formé en son, musique et techniques numériques appliquées. «Ça fait de moi quelqu’un qui peut faire de la production de plusieurs façons», résume celui qui est aussi à l’aise pour s’occuper de la sono d’un spectacle que de faire des montages de scène. Il a même été metteur en ondes à la station de CKOI à Sherbrooke à ses débuts.

Prévue le 27 juillet chez IRISIUM, la prestation d’Adékoa au Festival des rythmes d’Afrique aura finalement lieu le 29 juillet, à la Place de la Cité.

L'album «Illusions», d'Adékoa