Musique

AC/DC perd son cofondateur Malcolm Young

NEW YORK — Malcolm Young, le guitariste et cofondateur du groupe de hard rock australien AC/DC qui a contribué à la création de succès comme Highway to Hell, Hells Bells et Back in Black, s’est éteint à l’âge de 64 ans.

La formation musicale a annoncé la nouvelle sur sa page Facebook et son site web samedi, et l’un de ses représentants l’a par la suite confirmée. Les messages publiés sur Internet ne mentionnent pas le moment et la cause du décès, mais rappellent que le musicien était atteint de démence. Il avait reçu le diagnostic en 2014.

«C’est avec une grande tristesse que nous vous informons de la mort de Malcolm Young, un mari, un père, un grand-père et un frère adoré. Malcolm souffrait de démence depuis plusieurs années et est décédé paisiblement avec sa famille à ses côtés», peut-on lire dans l’un des messages.

Ses proches ont publié une déclaration sur le site du groupe affirmant que Malcolm était un «visionnaire ayant inspiré beaucoup de gens».

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Charlotte Gainsbourg: électro et introspective ***1/2

Charlotte Gainsbourg avait déjà démontré tout le sérieux de sa démarche musicale en s’associant à des artistes comme Beck, Air ou Jarvis Cocker.

Or elle n’avait pas vraiment laissé parler l’auteure en elle. C’est chose faite avec Rest. Qui plus est, en anglais, langue qu’elle avait privilégiée en studio, mais aussi en français. 

D’emblée, Gainsbourg opte pour une approche introspective, voire intime: elle s’adresse à son père sur le ton de la confidence (excellente Lying With You) ou encore à sa sœur disparue (touchante Kate). Si le contenu est personnel et sensible, Rest n’est pas un album uniquement feutré ou méditatif. 

Faisant équipe avec SebastiAn, Gainsbourg a opté pour un emballage électronique qui peut être dansant (groovy Songbird in A Cage, gracieuseté de Paul McCartney), dans lequel elle sait s’illustrer en chantant, en susurrant ou en récitant ses textes. Une collection de chansons partiellement impudiques, partiellement nimbées de mystère, à la fois simples et denses, au charme indéniable.

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Sharon Jones and the Dap-Kings: brillants adieux ****

Au cours des trois dernières décennies, rares sont celles qui ont chanté la soul et le funk comme l’a fait Sharon Jones.

Disparue prématurément à 60 ans, des suites d’un cancer du pancréas, l’Américaine a continué de visiter les studios jusqu’à ce qu’elle ne s’éteigne, profitant des moments où elle avait l’énergie nécessaire pour entonner cette musique qui lui était chère, flanquée de sa formidable équipe des Dap-Kings. 

Jamais, dans ce Soul of a Woman, on ne suspecterait que Jones vit ses dernières heures. Elle affiche la fougue qu’on lui connaît autant que la nuance, mettant de l’avant sa voix unique dans cet emballage vintage, typique des années 60, qu’elle a toujours défendu avec ses complices. 

Dans un premier temps, Jones et ses musiciens optent pour du matériel davantage dynamique, parfois même engagé (Matter of Time), tandis que, par la suite, ce sont les ballades — dont la majestueuse Girl! (You Got to Forgive Him) — qui sont à l’honneur. Dans un cas comme dans l’autre, les pièces sont solides, interprétées avec précision et bon goût. Un album qui nous fait réaliser le grand vide que Jones laisse derrière elle.

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Brigitte: douceur et mordant ****

Trois ans après la parution de son deuxième album, le duo français Brigitte a terminé de jouer aux jumelles (fini les perruques et les tenues identiques) et nous revient avec Nues.

Sylvie Hoarau et Aurélie Saada continuent de marier leurs voix dans un savant mariage de pétillant et de suranné, de joli et de mordant. 

Adoptant tour à tour le point de vue de la mère, de la fille, de la séductrice ou de l’amoureuse éconduite, les deux chanteuses ratissent toujours large dans les tons. Il demeure bien sûr quelques chapitres bien tranchés: comme cette libératrice ode disco Sauver ma peau, la bien nommée La morsure, aux couleurs orientales, ou la frondeuse ritournelle Zelda, en hommage à Zelda Fitzgerald, reine déchue des années folles élevée ici au rang de superhéroïne (avec des «na-na-na-na» empruntés au thème vintage de Batman). 

Mais Brigitte se fait souvent douce dans ses nouvelles chansons. On retiendra la maternelle Le goût du sel de tes larmes, à la fois forte et berçante, la délicate supplique Carnivore et la très finement brodée Insomniaque.  

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Gonzales et la vague néo-classique au Palais Montcalm

EXCLUSIF / Il semble qu’une vague d’artistes néo-classiques s’apprête à déferler sur le Palais Montcalm. L’Allemand Nils Frahm, l’Islandais Ólafur Arnalds, ainsi que le grand démocrate du piano qu’est le Montréalais Chilly Gonzales se produiront à la salle Raoul-Jobin l’an prochain, a appris Le Soleil.

De toute évidence, l’équipe du Palais Montcalm a pris note des succès remportés ces dernières années par des pianistes comme Ludovico Einaudi, Chilly Gonzales ou Jean-Michel Blais lorsqu’est venu le temps de confectionner sa nouvelle programmation. Il faut dire que le genre est en vogue, tant en salles que dans les sites de streaming, où ces musiciens cumulent les écoutes à coup de dizaines de millions.

Pour les amateurs les plus fidèles de Nils Frahm, le premier séjour en ville de l’artiste n’est peut-être pas tout-à-fait une surprise: il a déjà révélé dans son site Web qu’il s’arrêtera à Québec le 20 mars. Frahm est devenu un incontournable du genre, que ce soit lorsqu’il privilégie une approche au piano solo ou une musique ambiante intégrant cordes et claviers.

Ólafur Arnalds, pour sa part, sera à la salle Raoul-Jobin le 28 juin, dans le cadre de sa tournée All Strings Attached. Le multi-instrumentiste sera accompagné d’un quintette de cordes, mais aussi d’une batterie et de différents instruments lui permettant de faire appel à la technologie. L’Islandais, qui a autant revu Chopin que signé des trames sonores, dont celle de la série Broadchurch, en sera lui aussi à sa première visite à Québec.

Certains s’en souviendront: c’est au Palais Montcalm que Chilly Gonzales avait donné le concert qui précédait sa première année sabbatique en carrière, en 2016. Celui qui aime monter sur les planches en peignoir et en pantoufles y reviendra le 24 octobre 2018, pour défendre des pièces intimistes, dans la veine du cycle de Solo Piano I et II. Il devrait être accompagné de deux musiciens.

Le Palais Montcalm dévoilera officiellement sa programmation le 21 novembre et procédera à la vente des billets la journée suivante. 

À cette occasion, il devrait confirmer la présence de ces trois artistes, ainsi que des autres qui se produiront l’an prochain.

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Violons du Roy: flûte et basson bras dessus dessous

CRITIQUE / Les Violons du Roy retrouvaient leur directeur musical Jonathan Cohen pour un concert tout baroque rassemblant des œuvres de Bach et Telemann. À travers les menuets, les passepieds et les gavottes, le flûtiste Vincent Lauzer et le bassoniste Mathieu Lussier nous ont servi un plaisant dialogue musical.

Dommage pour ceux qui ont assisté au concert de l’après-midi, où le Concerto en fa majeur pour flûte à bec et basson de Telemann n’était pas présenté. L’échange entre les deux instruments à vent peu souvent mis de l’avant s’est avéré d’un humour et d’une expressivité communicative. Lussier incarnait toute la bonhomie de son instrument et Lauzer toute l’espièglerie du sien, si bien que nous avions l’impression d’écouter un duo de personnages contrastés se tirer la pipe avec intelligence et humour. 

Juste avant l’entracte, le flûtiste agissait comme soliste dans la Suite en la mineur pour flûte à bec alto, toujours de Telemann. Une pièce qui demande des morceaux de bravoure substantiels, dont le musicien s’est acquitté avec flegme, tout en démontrant une belle émotivité. Les enfilades de notes rapides, livrées sans anicroches, et les ritournelles moqueuses se répercutaient dans tout son corps. Le son clair, tranchant, s’élevait avec allégresse lorsque les cordes se faisaient discrètes, mais était presque totalement happé par elles dans les segments collectifs. Un reproche qu’il faudrait évidemment adresser à l’illustre compositeur plutôt qu’au soliste.

Jonathan Cohen, assis au clavecin, a assuré une direction discrète et enjouée, gardant le plus souvent les coudes collés au corps, enchaînant les petits gestes et les mouvements de tête pour diriger l’orchestre réduit pour ce programme. Disons que sa manière vigoureuse de tourner les pages de ses partitions pendant le Concerto brandebourgeois no 3 n’avait en revanche rien de discret. Peut-être s’est-il laissé emporter par la trépignante partition? Les attaques des archets, dans les premières minutes du concert suscitaient une stridence inhabituelle, qui s’est heureusement estompée rapidement.

Mouvement magnifique

Le deuxième mouvement du concerto était simplement magnifique et mettait bien en valeur le jeu mesuré et sensible de l’altiste Jean-Louis Blouin et la virtuosité enjouée, aux contrastes bien appuyés, de la première violon solo Pascale Giguère. Les entrelacs remplis d’allégresse chassaient de nos pensées la grisaille de novembre et les soucis quotidiens.

L’Ouverture pour orchestre no 1 de Bach, en fin de course, a permis aux Violons du Roy de déployer avec aplomb et plaisir leur parfaite maîtrise du répertoire baroque, avec tous ses ornements et ses subtilités.

Ce concert sera de nouveau présenté le vendredi 17 novembre à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal.

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Mario Pelchat et les prêtres chantent Noël

Le chanteur Mario Pelchat était en ville jeudi pour le lancement de son tout dernier album baptisé «Noël ensemble».

Après le succès remporté par l’opus de chants religieux Agnus Dei, vendu à plus de 60 000 exemplaires, le chanteur de Dolbeau a encore une fois fait appel à un chœur composé de quatre prêtres, trois séminaristes et un évêque. 

Sur le disque, on peut entendre entre autres les classiques Trois anges sont venus ce soir, Il est né le divin enfant et Venez, divin Messie entonnés par Nicole Martin, 2Frères et Joe Bocan, notamment. 

Mario Pelchat présentera le spectacle Noël ensemble, entouré cette fois de huit prêtres, le 1er décembre au Centre Vidéotron. 

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Coldplay achève la troisième tournée la plus lucrative de l’histoire

NEW YORK — Le groupe britannique Coldplay vient d’achever la troisième tournée la plus lucrative de l’histoire, avec plus de 500 millions $ de recettes, a annoncé jeudi la société de promotion Live Nation.

Le 114e et dernier concert de la tournée mondiale A Head Full of Dreams s’est déroulé mercredi soir à Buenos Aires.

Avec des ventes de billets atteignant 523 millions $, le groupe arrive derrière les rockeurs irlandais U2, dont la tournée 360 entre 2009 et 2011 avait généré 784 millions $, et juste derrière ses compatriotes des Rolling Stones avec A Bigger Bang il y a une dizaine d’années.

Coldplay a offert une tournée très technologique, fournissant notamment aux fans des bracelets interactifs changeant de couleur au gré de la musique et des projections spectaculaires de lasers et confetti.

Le coup d’envoi de la tournée avait été donné en mars 2016 à Buenos Aires, et a attiré près de 5,4 millions de spectateurs, a relevé Live Nation, avec des concerts à guichets fermés dans des stades à Londres, Paris, Los Angeles ou Chicago.

Et un record de spectateurs à Mexico: 67 451 personnes dans le stade de baseball Foro Sol.

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À la redécouverte du rock «sauvage» de Little Richard

NEW YORK — À l’époque, personne n’avait rien entendu de tel. Avec ses hurlements féroces et son piano étonnamment rapide, Little Richard envoyait des salves de ce qui sera appelé plus tard rock’n’roll. Six décennies plus tard, une réédition offre une plongée dans cette genèse.

Son premier album Here’s Little Richard (1957), avec le morceau culte Tutti Frutti, est réédité pour le 60e anniversaire de sa sortie et donne une seconde jeunesse aux prémisses d’un nouveau genre, grâce à des sons remastérisés qui mettent en valeur la voix puissante de Richard Wayne Penniman, de son vrai nom.

Il permet aussi, grâce à un second CD de démos et de chutes, de mettre en exergue la précision, le contrôle du pianiste et interprète américain.

«Les gens disent que Little Richard est un homme sauvage. Mais il était très professionnel en studio et ils ont assemblé ces chansons assez rapidement», explique Chris Morris, un spécialiste qui a supervisé la réédition pour Craft Recordings.

Tutti Frutti, par exemple, une chanson phare de Little Richard, qui y décrivait de manière colorée le sexe anal, n’a mis que 15 minutes à être assemblée.

Le chanteur est l’un des premiers artistes, à l’instar de Chuck Berry, à avoir séduit un public à la fois noir et blanc aux États-Unis, déclenchant des scènes qui avaient marqué les sages années 1950. On se souvient de femmes jetant leur culotte sur scène et des spectateurs euphoriques que l’on empêchait de sauter des balcons.

Les Beatles, qui connurent de semblables effusions quelques années plus tard, considéraient Little Richard comme un mentor et ont notamment joué en ouverture de son concert en Angleterre.

La star qui partageait le plus de sonorités avec Little Richard était Fats Domino, monument de la musique et autre précurseur du rock décédé en octobre.

«Fats était un gars très charmant [...], un gros mec qui jouait ce piano au son roulant de La Nouvelle-Orléans», reprend Chris Morris.

Little Richard, qui doit fêter ses 85 ans en décembre, «arrive et attaque le piano, il frappe dessus», différencie-t-il. «Il n’est pas un crooner, il crie. Il n’y avait jamais vraiment eu une figure sortie du R&B qui était aussi extravertie, bruyante ou sauvage.»

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Hommage surprise des Eagles of Death Metal

PARIS — Deux membres des Eagles of Death Metal, dont le chanteur Jesse Hughes, très ému, ont improvisé un mini-concert-surprise de quelques minutes lundi à Paris dans le cadre des cérémonies marquant le deuxième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015.

Le groupe de rock californien, qui était sur la scène de la salle du Bataclan le soir des attentats, a interprété deux titres : Save a Prayer, le dernier morceau entier qu’ils avaient joué il y a deux ans avant que l’attaque ne commence, puis I Love You All The Time.

Visiblement très ému derrière ses lunettes aux verres de couleur, Jesse Hughes a ensuite distribué des roses blanches aux proches de victimes devant la mairie du 11arrondissement, où ce concert a été improvisé après le rassemblement organisé par l’association Life for Paris, a constaté un journaliste de l’AFP.

Propos controversés

Il y un an, à l’occasion de la réouverture du Bataclan, la direction de la salle avait fait savoir que le chanteur des EODM n’y était plus le bienvenu à la suite de propos controversés.

Outre les soupçons exprimés à l’encontre des agents de sécurité de la salle, Jesse Hughes, connu pour ses positions en faveur des armes, avait notamment accordé au printemps 2016 une entrevue à une publication américaine aux prises de positions extrémistes, dans laquelle il affirmait avoir «vu des musulmans faire la fête dans la rue pendant l’attaque, en temps réel».

À la suite de ces déclarations, deux festivals français avaient annulé la venue du groupe prévue à l’été 2016.

Le groupe américain a toutefois déjà rejoué à Paris depuis les attentats. Une première fois très brièvement, à la fin d’un concert de U2, quelques semaines après les attentats du 13 novembre, puis en février 2016 à l’Olympia lors d’un concert placé sous haute sécurité, devant un public composé en partie de rescapés de l’attaque.

Les attentats du 13 novembre ont fait 130 morts en France, dont 90 au Bataclan, où quelque 1 500 personnes étaient réunies pour le concert des EODM.