L’exposition cherche à sensibiliser le visiteur à l’importance de préserver la biodiversité. À droite, le tigre de Chine, une espèce en voie d’extinction. À gauche, le thylacine, ou tigre de Tasmanie, une espèce éradiquée en 1930 par les colons européens sur l’île de Tasmanie qui voyaient en lui une menace pour les moutons.

Musée de la civilisation: fascinantes curiosités d’une fragile planète [VIDÉO + PHOTOS]

L’état de santé de notre planète est inquiétant. L’impact de l’homme sur la nature n’a jamais été aussi grand. Plus d’un million d’espèces est menacé de disparition soulignait la semaine dernière un groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité. Dans ce contexte, l’exposition «Curiosités du monde naturel» rappelle, à travers les travaux d’explorateurs et de scientifiques de jadis, la grande fragilité de la nature.

Présentée en primeur nord-américaine au Musée de la civilisation, après un passage à Tokyo, Singapour et Taipei, où elle a attiré un demi-million de visiteurs, l’exposition met en valeur quelque 200 pièces du Musée d’histoire naturelle de Londres, l’un des plus anciens au monde et l’un des plus prestigieux avec ses quelque 80 millions d’objets.

Curiosités du monde naturel déploie ses trésors sur sept zones, dont la première est consacrée à l’explorateur Charles Darwin, le père de la théorie de l’évolution et auteur du célèbre ouvrage L’origine des espèces (1859), dont une des rares pages manuscrites est mise en valeur, tout comme quelques spécimens rapportés de son voyage de cinq ans autour du monde, à bord du Beagle. On rappelle, à juste titre, que la théorie de Darwin a eu tôt fait de s’inscrire en porte à faux avec le principe de la création divine, encore défendu avec vigueur aujourd’hui par plusieurs groupes conservateurs.

Le crabe araignée géant du Japon, la plus grande espèce de crabe au monde. Les scientifiques établissent entre 50 et 100 ans sa longévité.

Les travaux de quelques autres esprits curieux du 18e et 19e siècle, d’ici et d’ailleurs, sont également soulignés, comme ceux de l’océanographe John Murray, du naturaliste Joseph Banks, du collectionneur Lionel Walter Rothschild, du géologue William Hamilton, du botaniste Marie-Victorin et du paléontologue Richard Owen, célèbre pour avoir été le premier à utiliser le terme «dinosaure».

Une autre section de l’exposition est consacrée aux espèces disparues ou en voix d’extinction, comme le thylacine ou tigre de Tasmanie, le dodo, le moa (un autre oiseau incapable de voler) et un squelette du tigre à dents de sabre datant de 12 000 ans.

Parmi les autres curiosités, mentionnons le fragment d’une météorite martienne, une griffe de dinosaure vieille de 120 millions d’années, le moulage d’une tête de dasplétosaure (un proche parent du célèbre T-Rex), l’impressionnant papillon de la Reine Alexandra et un orang-outang rapporté par l’explorateur Alfred Russell Wallace, une autre figure marquante de l’élaboration de la théorie de l’évolution.

Le mérou géant, qui peut atteindre trois mètres de longueur, est menacé par la surpêche dans tout le bassin Indo-Pacifique.

Une cinquantaine d’objets du Québec et du Canada complètent cette fascinante exposition, dont les squelettes d’un ours polaire, d’un petit rorqual et d’un béluga, ainsi que le fossile d’un poisson trouvé dans le parc national Miguasha, en Gaspésie.

Prendre grand soin

Présente mercredi à l’inauguration de l’exposition, Sarah Stewart, directrice des opérations au Musée d’histoire naturelle de Londres, a vivement souhaité que le public s’inspire de ce qu’il verra pour réfléchir à l’avenir de notre planète.

«Dans Curiosités du monde naturel, il y a le mot curieux, du latin curiosus, qui veut dire ‘qui a le souci de’. J’espère que les visiteurs repartiront non seulement en ayant appris quelque chose sur l’histoire du monde naturel, mais en ayant envie d’en prendre grand soin.»

Le dronte de Maurice, mieux connu sous le nom de dodo, est autre espèce animale qui n’a pas survécu à l’homme.

«Notre conception du monde n’est pas immuable, elle est en constante évolution, a souligné pour sa part le directeur général du Musée, Stéphan La Roche. On souhaite que le visiteur prenne conscience de l’importance de chaque geste et de l’importance d’agir» pour préserver la biodiversité.

L’exposition Curiosités du monde naturel est présentée jusqu’au 5 janvier 2020.

Une des rares pages manuscrites de L’origine des espèces, du célèbre explorateur et naturaliste Charles Darwin.