Prince en concert en 2007

Mort de Prince: pas de poursuites au terme de l’enquête

NEW YORK — La justice américaine a indiqué jeudi qu’elle n’engagerait pas de poursuites pénales au terme de l’enquête sur les circonstances de la mort de Prince, faute d’avoir pu établir comment il s’était procuré l’analgésique qui a provoqué son décès.

Le chanteur est mort à 57 ans le 21 avril 2016, victime d’une overdose de fentanyl, un analgésique très puissant, qu’il avait ingéré par erreur, pensant qu’il s’agissait d’un médicament antidouleur bien moins dosé.

«Sans mobile et sans suspect identifié», la justice américaine «ne peut pas engager de poursuites pénales relatives au décès de Prince», a déclaré, lors d’une conférence de presse, Mark Metz, le procureur du comté de Carver, dont dépend Paisley Park, la résidence du chanteur, située non loin de Minneapolis.

Accord à l’amiable

Parallèlement, le ministère américain de la Justice a annoncé jeudi un accord amiable avec Michael Todd Schulenberg, le médecin qui avait traité Prince deux fois avant son décès.

Celui qui avait admis avoir prescrit une ordonnance d’antidouleurs Percocet à un proche du chanteur tout en sachant que les médicaments lui étaient destinés a accepté de verser 30000 dollars à la justice américaine.

Il s’est également engagé à se soumettre à des contrôles renforcés durant les deux prochaines années, de nature à suivre ses prescriptions de médicaments sur ordonnance.

Mark Metz a rappelé, lors de la conférence de presse, que l’enquête avait établi que les médicaments prescrits par le Dr Schulenberg n’étaient pas à l’origine de la mort du musicien.

Connaissance de cause

Selon l’enquête, Prince est entré en possession d’une boîte de médicaments contrefaits, présentés comme du Vicodin, nom commercial américain de l’hydrocodone, un anti-douleur opiacé.

Mais les pilules contenaient également du fentanyl, considéré comme 30 à 50 fois plus puissant que l’héroïne et 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, selon l’Agence américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA).

Le poids des opiacés de synthèse, dont fait partie le fentanyl, est en pleine explosion dans la crise de santé publique qui frappe les États-Unis depuis plusieurs années.

Selon les Centres américains de prévention des maladies (CDC), les opiacés ont été impliqués dans la mort de 42 249 personnes aux États-Unis en 2016.

«Rien, dans le dossier, ne suggère que Prince a pris du fentanyl en connaissance de cause», a déclaré Mark Metz.