Jean Pagé
Jean Pagé

Mort de l’ancien animateur sportif Jean Pagé

La Presse Canadienne
MONTRÉAL - L’ancien animateur et commentateur sportif Jean Pagé est mort à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer incurable de la prostate.

Sa conjointe Brigitte Bélanger, ainsi que ses enfants, Isabelle, Alexandra, Elisabeth et William, ont confirmé l’information mardi matin.

Des gens de tous les milieux ont réagi dans les minutes qui ont suivi l’annonce de sa mort, dont l’ex-journaliste et descripteur de la Soirée du hockey René Pothier.

«Jean Pagé a été évidemment très connu comme personnalité à la télé, entre autres, a-t-il déclaré. Son immense talent a été salué par ses pairs. Il est récipiendaire notamment de nombreux prix Gémeaux. Mais pour nous, cet animateur de très grand talent était l’animateur des équipes avec lesquelles il travaillait. Moi, je veux rendre hommage aujourd’hui à l’homme qu’il était derrière les caméras: toujours de bonne humeur, cordial, sympathique, mais surtout, il avait très à coeur le bien-être de tout un chacun.

«Là-dessus, je pense qu’on doit également souligner ce que j’appelle son grand souci du bien commun, qui s’est bien entendu manifesté par son implication auprès de la société Procure, entre autres, a-t-il ajouté. Et aussi dans son désir constant d’inciter les hommes à éviter qu’ils fassent face au grand naufrage que le cancer de la prostate représente, car il peut vous frapper à n’importe quel moment. C’est le Jean Pagé que j’ai connu, celui extrêmement soucieux du bien-être des autres. Il va énormément nous manquer.»

M. Pagé avait combattu une première fois un cancer de la prostate en 1996, mais la maladie est réapparue l’an dernier. Et cette fois, la guérison était impossible.

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Laurent Proulx, président-directeur général de Procure, un organisme de bienfaisance dans la lutte contre le cancer de la prostate, lui a d’ailleurs rendu hommage mardi.

«Jean, ça faisait plus de 10 ans qu’on se connaissait. C’était un homme qui a donné beaucoup pour la cause, qui invitait les hommes à se faire diagnostiquer. Jean est parvenu à passer le message aux hommes que c’est important de prendre soin de sa santé, car le cancer de la prostate tue 12 hommes par jour. Il a sensibilisé les Québécois à cette cause-là.»

M. Proulx en a aussi profité pour vanter la grande soif de vivre de M. Pagé.

«J’étais avec sa famille hier (lundi), à son chalet, et c’est quelqu’un qui demandait toujours aux autres comment ça allait, a-t-il confié. Il était en fin de vie, mais il avait choisi de ne pas avoir recours à l’aide médicale à mourir, et je crois que ça dénote beaucoup son côté humain.

«Il voulait absolument profiter de la vie, a-t-il ajouté. Pas plus tard que mercredi dernier, il regardait son chien courir dans la neige, à partir de la véranda, lorsqu’il s’est retourné avec un grand sourire. Il a voulu vivre jusqu’au bout à la maison, et il est décédé entouré de sa conjointe Brigitte et de ses proches.»

M. Pagé a entrepris sa carrière dans le monde des communications à la station CJMT de Chicoutimi avant d’être embauché par Radio-Canada à Québec en 1972.

Pendant une trentaine d’années à la SRC, il a relevé plusieurs défis, agissant comme chef d’antenne de plusieurs éditions des Jeux olympiques. Il a aussi été à l’animation de «La Soirée du hockey» pendant 17 ans.

«La seconde où je me suis installé devant un micro, la toute première seconde, j’étais accro et j’ai su que c’était ça que je voulais faire dans la vie», a-t-il récemment confié à son ami et chroniqueur Réjean Tremblay.

Au fil de sa carrière, il a également assuré la couverture de grands événements comme des Coupes du monde de soccer, la Formule 1, la Formule Atlantique et le patinage artistique avec l’analyste Alain Goldberg.

Mais c’est la populaire émission de débats de fin de soirée, «110 pour cent», qu’il a animée pendant huit ans à TQS, qui lui a laissé les meilleurs souvenirs.

«110 pour cent, ç’a été le trip total! Des cotes d’écoute invraisemblables et un plaisir fou avec les débatteurs» a-t-il rappelé à Tremblay.

Ces dernières années, il avait ralenti ses activités professionnelles.

En novembre dernier, on lui a décerné la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec pour son implication au sein du monde des communications. Il a aussi remporté huit trophées MétroStar et deux prix Gémeaux.

À la suite de son premier cancer, il était devenu porte-parole pour la fondation Procure, qui sensibilise les hommes à l’importance du dépistage et de la prévention du cancer de la prostate.

La première Marche du Courage Jean Pagé, rebaptisée en son honneur, s’est déroulée le 16 juin dernier en son absence.

Au cours des prochains jours, la famille communiquera les informations détaillées sur ses funérailles.