Léo (Max Baissette de Malglaive) est un jeune autiste Asperger confié à son oncle entraîneur de soccer dans Monsieur je-sais-tout.

«Monsieur je-sais-tout»: un film pour dédramatiser l'autisme ***

CRITIQUE / Les histoires d’éclosion sont légion, surtout celles du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Celles sur l’entrée dans l’âge ingrat se font moins nombreuses. Surtout si elles mettent en scène un jeune marginalisé en raison de sa différence. «Monsieur je-sais-tout» s’y attaque en décrivant la relation malaisée entre un autiste de 13 ans et son oncle sportif. Sans être un grand film, la comédie dramatique a le mérite d’éviter la caricature et de pouvoir rire de ce trouble particulier.

C’est certainement la principale qualité du long métrage de Stéphan Archinard et François Prévot-Leygonie: dédramatiser l’autisme Asperger de Léo (Max Baissette de Malglaive). Surtout que le premier contact avec Vincent Barteau (Arnaud Ducret) est tout sauf fluide.

Son oncle, ex-jouer de soccer professionnel devenu entraîneur et séducteur invétéré, n’attend qu’un nouveau contrat pour s’exiler en Chine. Il se soucie surtout de sa personne et très peu des jeunes qu’il supervise. Alors quand débarque son neveu pour deux semaines, sa première réaction en une de rejet.

Léo, joueur d’échecs émérite et génie des mathématiques, n’a aucune habileté sociale. Pourtant, au contact de son oncle, il s’épanouit peu à peu, allant jusqu’à tenter sa chance comme gardien de but. D’abord rejeté par ses coéquipiers en raison de sa différence, il s’intègre progressivement à l’équipe.

Évidemment, Barteau change — un peu. Les habitudes et attitudes de célibataire endurci ne sont jamais loin, même si on se doute bien que cette cohabitation forcée va changer leur vie...

Sans livrer une performance extraordinaire, le jeune Max Baissette de Malglaive est convaincant dans ce rôle physique — corps penché par en avant, regard fuyant… Le débit de sa voix, très rapide, nous fait parfois manquer des bouts. Une chance qu’il se répète beaucoup! Arnaud Ducret (L’embarras du choix) a le physique de l’emploi, mais un peu moins le registre pour un tel rôle.

Monsieur je-sais-tout est un petit film sympathique (et familial), variation mineure sur Rain Man (Barry Levinson, 1988) et libre adaptation de La surface de réparation d’Alain Gillot. La mise en scène générique du duo de réalisateurs (Amitiés sincères, 2013) ne permet pas d’en élever le propos, pas plus que la relation peu crédible entre Barteau et la belle médecin du club de soccer (Alice David).

Mais c’est surtout le manque de contrastes dans les personnages qui finit par agacer. Heureusement, vers la fin, les failles de Barteau se feront plus évidentes, et convaincantes.

Monsieur je-sais-tout demeure prévisible, mais on a vu bien pire dans le genre. 

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ***

• Titre: Monsieur je-sais-tout

• Genre: comédie dramatique

• Réalisateurs: Stéphan Archinard, François Prévot-Leygonie

• Acteurs: Arnaud Ducret, Max Baissette de Malglaive, Alice David

• Classement: général

• Durée: 1h35

• On aime: la démystification de la maladie mentale. L’aspect sympathique

• On n’aime pas: la réalisation générique. Les personnages typés