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<em>Robot Chef</em>, de Foxdog Studios
<em>Robot Chef</em>, de Foxdog Studios

Mois multi 2021: la techno sur tous les tons

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
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Même s’il est entièrement virtuel cette année, le Mois multi poursuit sa mission de faire vivre des expériences sensorielles où la technologie et le mélange des formes artistiques transportent les spectateurs dans des territoires inexplorés. À travers quatre propositions, voici un tour d’horizon de ce qui est proposé jusqu’au 14 février.

En cuisine avec Foxdog Studios

Un atelier de cuisine humoristique utilisant les robots et l’interactivité ; voilà, en substance, la définition du spectacle Robot Chef, créé et livré par Lloyd Henning et Peter Sutton, deux consultants informatiques de Manchester.

Nous les retrouvons sur Zoom, en direct de leur salon-studio-atelier où ils passent la majorité de leur temps. Les colocataires et associés se sont débarrassés de leur divan il y maintenant deux ans. Depuis le début de la pandémie, la pièce fait aussi office de scène puisqu’ils ont dû transformer leur spectacle en expérience virtuelle.

Las de faire de la programmation entre quatre murs, ils avaient décidé de faire des spectacles pour sortir de la maison... Ils ont fait un tabac au Fringe d’Édimbourg et ont remporté le prix du meilleur spectacle au Leicester Comedy Festival en 2019.

Dans leur cuisine robotisée, où ils sont techniciens, performeurs et musiciens, ils invitent les spectateurs à contrôler à distance certains éléments.

«Ils peuvent faire des mauvais coups, mais les gens osent moins lorsqu’on est en salle, note Peter. En ligne, le relatif anonymat les rend plus audacieux. C’est beaucoup plus amusant!»

Pourquoi la cuisine? «Parce que ça a un bon potentiel de faire du dégât», indique Lloyd.

«Et aussi parce que c’est familier, ça fait oublier la technologie et ça permet d’aller chercher un large public.»

Robot Chef, qui devait d’abord impliquer un barbecue, a évolué avec leurs habiletés en robotique. «Ce serait beaucoup plus facile de préparer le repas sans les robots, souligne Peter. On aurait pu déposer les saucisses dans la poêle avec un genre de pince, mais on a plutôt décidé de créer un canon.»

Compliquer les choses simples est un ressort comique éprouvé — pensons à n’importe quel sketch de Mr. Bean… Sauf que le duo doit répéter ses exploits en direct et sans montage. Ils doivent aussi, en temps normal, enregistrer leur table de scène comme un bagage à main lorsqu’ils prennent l’avion et prévoir plusieurs heures de montage avant un spectacle.

Coincés en Angleterre, où la situation est «probablement aussi mauvaise que vous l’imaginez en regardant les nouvelles», note Peter, ils sont particulièrement proactifs. Un tour sur leur site Web suffira pour vous en convaincre.

Le spectacle interactif (en anglais) est présenté les 10, 11 et 12 février à 19h.

<em>Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait</em>

Camper en plein jeu vidéo

Depuis 2013, Hugo Nadeau développe Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait, un jeu vidéo évolutif qui se déroule en 2197, en Mérique du Nord, alors que la civilisation s’est effondrée et que des groupes anarchistes s’élèvent en tribus.

Alors qu’au OFFTA l’an dernier, il jouait les hommes-orchestres, pour le Mois multi, il invite deux complices différents pour chacune des séances, présentées bien après le couvre-feu.

Il a établi son quartier général (fils, écrans verts, consoles) à la Caserne Dalhousie. Sur leur écran, les spectateurs verront le jeu, l’image de trois caméras montrant Hugo Nadeau et ses deux invités ainsi qu’une section de clavardage, où ils pourront échanger entre eux et avec les artistes.

La première séance, avec beaucoup de musique et d’action, nous fera suivre une jeune fille de Noranda qui doit survivre dans la nature afin de compléter le rite de passage à l’âge adulte. La dernière séance, elle, ressemblera plutôt à une discussion dans un bar.

Bref, l’expérience narrative sera assez éloignée de celle offerte dans les jeux vidéo classiques.

«La partie en soi est moins importante que l’interaction avec les invités et les récits qu’on raconte en parallèle, en commentaire», explique Hugo Nadeau.

Les gens peuvent télécharger le jeu gratuitement et y jouer en tout temps, en choisissant parmi 22 personnages principaux.

«L’objectif de départ était de déterminer la communauté anarchiste idéale, mais je n’arrive pas à me décider. C’est plus intéressant d’entretenir une diversité et que le système reste dynamique.»

Les volets de Nous campions… sont présentés le 8 février à 21h, puis chaque soir du 9 au 12 à minuit.

<em>Autour du rose enfer des animaux</em>, du Collectif Dans ta Tête

Dans la tête de Gauvreau

Autour d’une une table de banquet surréaliste qui se transforme au gré des projections et qui accueille des convives dotés de masques de bêtes, le Collectif Dans Ta Tête a créé un spectacle à partir du Rose enfer des animaux de Claude Gauvreau.

Présentée comme un «télé-théâtre cosmique», cette œuvre touffue truffée de didascalies délirantes s’articule autour d’un hôte gorille qui reçoit ses comparses à plumes et à poils. Il y a, notamment, une décapitation et des raisins qui se transformeront en yeux (on ne vous en dit pas plus).

À partir d’un projet de recherche amorcé par Robert Faguy, professeur de théâtre à l’Université Laval, le Collectif Dans Ta Tête a imaginé diverses manières de susciter la participation émotive, intellectuelle et sensorielle des spectateurs.

«L’idée, c’est que le spectateur soit devant l’inventaire des possibles de tout ce qu’il aurait pu faire. Comme beaucoup de choses se passent en même temps, il ne peut pas tout voir, il doit donc faire des choix», explique Thomas Langlois.

De la régie, alors que ses collègues s’occupent des éclairages, du son, des vidéos, des projections, voire des dessins, celui-ci fera les voix de tous les personnages. Il voit d’un bon œil la retransmission en direct, obligée par le confinement, puisqu’elle permet de rapprocher l’expérience du télé-théâtre imaginé par Gauvreau.

«À terme [puisqu’il s’agit d’un laboratoire], on pourrait imaginer trois publics, un autour de la table, un dans la salle, et un autre en ligne», note-t-il.

Le 7 février à 14h (version pour le jeune public)

<em>L’effondrement virtuel </em>permet, grâce à un casque de réalité augmentée, de plonger dans un livre accordéon.

S’effondrer dans la réalité virtuelle

Le bureau de l’APA, la photographe Stéphanie Béliveau et ALTKEY, une entreprise de Québec spécialisée en réalité augmentée, ont conçu une expérience virtuelle à vivre avec un casque. L’objet sera livré au domicile des spectateurs pour 24 heures, puis repris, désinfecté et mis en quarantaine avant d’être passé au suivant.

«On aborde l’effondrement en général, mais ce qui est beaucoup montré, c’est l’effondrement de mon propre corps, indique Laurence Brunelle-Côté. Il y a une dimension intime, mais ça résonne avec l’impression que le monde entier s’effondre, plusieurs fois par jour, au niveau écologique, poétique.»

En mettant le casque, le participant aura l’impression de plonger dans un livre. «La personne peut tourner les pages, entendre les poèmes. Elle est entourée du livre-objet, qui a la forme d’un accordéon. Ça devient un décor, une maison. On entend une pièce de musique, très belle, que Simon Elmaleh a composée à la viole de gambe», décrit Laurence, du Bureau de l’APA.

Le collectif de Québec est en deuil de Simon Drouin, artiste multidisciplinaire qui aura marqué le paysage de la création à Québec et qui est décédé au début du mois de janvier. Il faisait aussi partie de L’Orchestre d’hommes-orchestres. On retrouvera un peu de lui dans La Majorité, un projet regroupant des créations sonores, enregistré à Avatar, qui sera lancé le 9 février, et dans un recueil de poésie écrit à quatre mains avec Laurence, qui doit paraître en mai.

On peut vivre L’effondrement virtuel jusqu’au 14 février sur réservation.

Toutes les infos à mmrectoverso.org

<em>Venise 2</em>, du Théâtre Rude Ingénierie 

AUSSI AU MOIS MULTI

Dans la ville

As We Continue, une installation du Liégeois Pierre Coric, dans la vitrine de la Librairie Pantoute — Saint-Roch, jusqu’au 14 février

Marche dans mes sons, une balade sonore signée Fred Lebrasseur, dès 6 ans, en tout temps jusqu’au 14 février

La fête en direct

Iceberg, musique électronique (Finlande, France, Suisse et Québec), 6 février 16h

Venise 2, une performance musicale du Théâtre Rude ingénierie, 13 et 14 février, 21h

Zoomé Décalé, un bal costumé confiné avec DJ Sixtopaz, 13 février, 18h

À voir et à écouter

Bodies/Buddies, un court-métrage de danse de Melissa Merlo et Étienne Lambert, 9 au 12 février, 20h

FRGMENTS, une vidéo d’art du Marseillais Julien Bayle, en tout temps jusqu’au 14 février

Cinoche en noir et blanc (court-métrages d’animation) et Cinoche en colorama (vidéos expérimentales), dès 3 ans, en tout temps du 11 au 14 février

Chansons pour le musée, balado de fiction de Mammifères, dès 7 ans, en tout temps du 11 au 14 février