MNBAQ: réouverture du pavillon Gérard-Morisset [PHOTOS]

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Après avoir reçu près de 85 000 visiteurs au pavillon Lassonde depuis sa réouverture en juin, le Musée des beaux-arts du Québec (MNBAQ) est fin prêt à rouvrir le pavillon Gérard-Morisset qui s’est quelque peu transformé durant le confinement dû à la pandémie.

Dès jeudi, les habitués comme les nouveaux visiteurs auront accès à de multiples surprises dont Pouvoir(s), la première exposition de l’Alcôve-école. Grâce à ce projet, deux étudiantes de l’Université Laval sortent des sentiers battus et observent, tel un suspense, la collection Duplessis. 

Pouvoir(s), montée par Valérie Boulva et Christyna Fortin, est l’une des plus grandes nouveautés de cette transformation. «Comme la collection Duplessis est principalement constituée d’art européen, et que ce n’est pas la mission du musée, elle n’a pratiquement jamais été montée ici à Québec. […] On se disait donc que ce serait bien de pouvoir montrer à nouveau cette collection aux Québécois, mais on ne voulait pas faire que ça non plus», racontent les deux étudiantes passionnées.

Les jeunes femmes ont donc décidé de créer une exposition montrant sous un nouveau jour les œuvres ayant appartenues à Maurice Duplessis. Dans la petite annexe de la salle Ressentir de l’exposition 350 ans de pratiques artistiques au Québec, Valérie et Christyna ont retracé une partie des vies politique et artistique de ce pan d’histoire québécoise. En plus de comparer la collection Duplessis avec l’art moderne et coloré des années 40, l’exposition raconte la folle enquête portant sur le vol de 23 de ses peintures en 1965.

Le projet d’Alcôve-école du MNBAQ, réalisé en partenariat avec l’Université Laval, permet à des étudiants en muséologie d’apprendre directement sur le terrain et de vivre les différents enjeux reliés à leur futur métier. «On n’aurait jamais osé rêver intervenir dans une exposition comme on a pu le faire ici, affirme Valérie. Parce qu’on parle du Musée national des beaux-arts du Québec! Habituellement, ce sont leurs conservateurs expérimentés, qui sont des sommités dans leur domaine, qui réalisent ce travail.»

Un geste que Jean-Luc Murray, directeur général du MNBAQ, qualifie d’ailleurs de «courageux» puisque qu’avec ce projet, les jeunes femmes ont eu accès à toute l’équipe du musée, à ses archives et à la totalité de sa collection d’œuvres. Elles ont également pu réaliser l’exposition qu’elle désirait sans contrainte, ce qui leur a permis d’ailleurs de repousser les limites.

«Habituellement, ce genre de partenariat a lieu dans le cadre de stages ou de travaux dirigés, mais pas dans l’espace public. Nous, on est allé jusqu’au bout. On s’est dit, “si on est pour leur donner une vraie expérience de ce que c’est qu’utiliser une collection pour raconter qui on est ou qui on a été, alors on va y aller jusqu’au bout”», explique M. Murray. 

Pouvoir(s) sera présenté jusqu’au 21 novembre 2021.

Des nouveautés qui osent… pour la diversité

Avec la nouvelle exposition, Raccord, de Numa Amun, gagnant du Prix en art actuel du MNBAQ 2018, et les nouvelles œuvres exposées dans la salle D’où venons-nous, Qui sommes-nous, Où allons-nous, le MNBAQ ose. 

«Tout ne peut pas être beau et lisse», affirme le directeur général du MNBAQ. Sans se dénaturer complètement, l’équipe du musée ouvre la porte à de nouvelles scénographies ainsi qu’à des artistes d’origines diverses pour bien représenter la société et ses enjeux actuels. 

«On veut jouer sur les émotions, l’actualité, sur ce qu’on ressent. […] C’est ce que font les artistes. Souvent, le concept du musée neutralise cette force-là dans l’œuvre. Nous, on souhaite simplement redonner cet espace-là aux œuvres. On souhaite poser des questions, créer des discussions. Le pire qui pourrait arriver, c’est que quelqu’un sorte du musée complètement indifférent. Il faut qu’on ait envie [après la visite] d’en discuter si ça nous a fait rire, pleurer ou si ça nous a choqué», affirme M. Murray. 

Au total, plus de cent nouvelles œuvres ont été installées dans les différentes salles du pavillon Gérard-Morisset dont plusieurs sont des acquisitions récentes qui illustrent cette volonté de diversité. 

En plus de sa programmation culturelle automnale, le musée ouvrira gratuitement ses portes aux travailleurs du milieu de l’éducation le 12 septembre et aux familles le 13 septembre prochain.

Pour plus de détails sur la programmation: mnbaq.org